Musique / Festivals

Nous n’avons jamais consommé autant de musique qu’aujourd’hui. A la radio, sur nos smartphones, dans nos autos, et de temps en temps en glissant un CD dans une chaîne stéréo. Alors bien sûr, une bonne partie de cette musique est toujours téléchargée illégalement. Les internautes continuent à se procurer des centaines de morceaux en quelques clics et beaucoup ont perdu depuis longtemps le réflexe de payer pour accéder au dernier tube de leur artiste préféré.

Mais en 2016, les ventes de musique ont enregistré une progression de 7% en Belgique. Et ce qui semblait encore impossible il y a quelques années est désormais une réalité : il existe un service de musique pour lequel les gens sont massivement prêts à payer - le streaming - dont la part d’utilisateurs payants a augmenté de 65% en un an.

"Ce qui est génial avec notre plateforme de streaming, c’est qu’elle donne instantanément accès à trente millions de titres", nous lance fièrement la responsable communication pour le Benelux de Spotify, leader incontesté du secteur. Désormais, des groupes de la trempe d’ACDC, Metallica et même les Beatles - longtemps récalcitrants - ont mis la totalité de leur catalogue à disposition de la plateforme, qui se targue de disposer de 140 millions d’utilisateurs à travers le monde, dont 60 millions d’abonnés payants.

Le rôle clé des curateurs

Le maître atout des services de streaming ne se situe pourtant pas dans cette offre pléthorique. La moitié des utilisateurs de Spotify prend certes encore la peine d’introduire un mot-clé pour accéder à l’album d’un artiste en particulier, mais plus de 50% d’entre eux consomment leur musique via un autre canal, toujours plus prisé, les playlists. Les termes "Rap Caviar" ou "Today’s Top Hits" ne vous disent probablement rien, mais il s’agit de deux des playlists les plus consultées de Spotify, respectivement suivies par sept et seize millions d’utilisateurs (!). De quoi constituer un nouveau et gigantesque marché.

"Nous élaborons trois types de playlists", détaille la porte-parole de Spotify lorsqu’on lui demande comment et sur quels critères sont élaborées ces sélections. "Il y a d’abord des playlists conçues directement par nos ‘curateurs’, une centaine de personnes issues du monde de la musique (industrie, médias, etc.) dont le travail est de créer des sélections susceptibles de plaire aux auditeurs en fonction de plusieurs facteurs : le moment de la journée (lever en douceur, ambiance de soirée, etc.), les spécificités locales (la variété française, le reggaeton en Amérique latine, la country aux Etats-Unis, etc.) ou les spécificités de genre (le hip hop, le métal, l’électro, etc.)." Lorsqu’un titre est régulièrement écouté, il reste en place. S’il est peu consulté en revanche, il est déplacé ou tout simplement supprimé.

Deux milliards de playlists "vivantes"

A chaque écoute, le consommateur indique à Spotify ce qu’il aime. Ce faisant, il complète un peu plus la gigantesque base de données de la société suédoise, qui a toutes les informations nécessaires pour proposer des playlists "individualisées" exclusivement conçues sur base des goûts personnels de chaque utilisateur...