Musique / Festivals

Dès ce samedi 12 août , le Brussels Summer Festival prendra possession de la place des Palais pour quatre jours de concerts avec entre autres André Brasseur, Orbital, Goldfrapp, Puggy et les Pet Shop Boys. Le 14 septembre , les Nuits sonores se déplaceront de Lyon à Bruxelles pour quatre jours et trois nuits dans des lieux aussi divers que le Palais 10, le musée Adam, le Fuse, le Brass, l’Ancienne Belgique ou les Brigittines. Au programme, des conférences et des soirées avec des DJ connus et moins connus comme Laurent Garnier, Modeselektor, Bambounou, Moscoman ou Red Axes.

Rencontre avec Vincent Carry, créateur du festival lyonnais, qui revient pour nous sur sa vision urbain et ambitieuse de la musique live.

Comment avez-vous lancé le festival ?

Lyon a longtemps eu la réputation d’être une ville conservatrice et bourgeoise. Lorsque Raymond Barre était maire (1995-2001), nous sommes même devenus la capitale de la répression de la musique électronique. Au début des années 2000, la ville comptait donc beaucoup d’événements institutionnels, un opéra, deux orchestres… Mais aucun festival de musique de dimension européenne ou internationale malgré la présence d’une certaine scène électronique locale. Comme cela nous paraissait sidérant pour la deuxième métropole de France, nous avons commencé à écrire le script des Nuits sonores, en 2002.

Quelle était l’idée de base ?

A l’époque, la France comptait essentiellement des festivals dits "de première génération" : des festivals monosites, bien souvent situés à l’extérieur des cœurs de villes, dans des prairies avec des chapiteaux, des grandes scènes, des sponsors… Tout cela était devenu la norme. La question qui se posait à nous était de savoir comment utiliser l’esprit d’innovation de la culture électronique pour changer le modèle festivalier en lui-même. Ce qui nous intéressait, fondamentalement, c’était l’idée de repartir de notre territoire urbain avec trois objectifs précis : réinvestir l’espace public, repenser la façon d’occuper le patrimoine classique de la ville et plus particulièrement son patrimoine industriel, et détourner l’usage d’un certain nombre de lieux. Nous ne nous sommes pas dit : on va faire dans la singularité; mais plutôt : le modèle festivalier tel qu’il existe nous embête et n’est pas conforme au projet culturel de la musique électronique. C’est une culture urbaine par nature, elle doit se dérouler dans la ville.

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