Musique / Festivals

Le Français a parmi ses atouts un instrument de premier plan et une technique souveraine.

Des quatre finalistes français de cette première session de violoncelle, Aurélien Pascal est le plus jeune : 22 ans depuis le 5 décembre. Mais, à eux qui en douteraient il confirme d’emblée, avec une « Sublimation » de Toshio Hosokawa prise à bras le corps, qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années. De stature haute, en tenue décontractée et élégante (costume noir et chemise blanche à col mao laissé ouvert), le candidat semble interroger constamment du regard Stéphane Denève, mais sa lecture est volontaire et décidée.

Des quatre instruments entendus jusqu’ici, le sien – un violoncelle construit en 1850 par le luthier français Charles-Adolphe Gand, reconnaissable à son vernis plein – est celui dont l’ample sonorité réussit le mieux à s’extraire de la masse orchestrale, et on admire plus encore la rondeur de son timbre dans les passages solistes. Mais il n’y a pas que le son : la technique est souveraine, et les pizzicati, mâtinés de ce qu’il faut de vibrato et de glissando, sont ceux qui évoquent le mieux le koto japonais à ce jour. Un très bref sourire de plaisir viendra illuminer le visage du jeune Français pendant les effets de sirène finaux, avant qu’il ferme les yeux pendant que le son s’éteint peu à peu.

Comme cinq autres finalistes cette semaine, Pascal a jeté son dévolu sur le premier concerto rn mi bémol majeur opus 107 de Chostakovitch. L’approche est à nouveau farouche et décidée et, si certaines attaques manquent parfois très légèrement de précision, l’allegretto fascine assez vite par la complicité du violoncelle et du cor, et par la façon qu’a le Français de donner une couleur propre à chaque répétition des quatre notes du thème initial.

Bien moins dramatique et douloureux que celui de Brannon Cho la veille, son Moderato prend l’allure d’une rêverie éthérée. Le regard du candidat oscille constamment entre questionnement anxieux – la recherche du son et de la nuance justes – et sourire furtif – le sentiment de les avoir un instant atteints. Cadence élégiaque puis tourmentée, et allegro final endiablé mais toujours maîtrisé.