Musique / Festivals

La demi-finale de ce mercredi soir.

Le Japonais Shizuka Mitsui, 25 ans, ouvre la soirée avec le Concerto n°2 de Haydn, plus complexe et plus lyrique sans doute que le premier mais sans que cela doive le priver de son caractère dynamique et dansant. C'est malheureusement la réserve qui surgit à l'écoute de la version du candidat : en dépit de belles sonorités (l'instrument est un superbe Riccardo Antoniazzi) et d'une technique assurée, la conduite est flottante, pour ne pas dire molle, en tous cas dénuée d'agogique (contrairement à l'orchestre, et le contraste se remarque clairement). Ce qui servira plutôt bien le chant de l'Adagio et conférera au finale un caractère aimable et pastoral.

Tout à l'opposé, dans le même concerto, le Polonais Maciek Kulakowski, 21 ans, semble un peu prisonnier des sonorités étroites de son instrument (Charles Gaillard) mais tout chez lui soutient une ligne, un discours. Ça ne fera pas de l'allegro d'ouverture un moment d'anthologie mais l'adagio, d'une tension extraordinaire, est magnifique, et le finale, pris pourtant dans un tempo très modéré, n'en sera pas moins plein de rebondissements captivants.

La deuxième partie s'ouvre avec le Russe Alexeï Zhillin, 30 ans, déjà entendu au premier tour, dont l’évidente maturité musicale s’appuie sur une technique solide et des sonorités rondes et homogènes, la Suite n°4 de Bach le confirme. Suivra le premier Brahms de la semaine – la Sonate n°2 - avec Daniel Blumenthal au piano. Un privilège (parfois tumultueux) dont Zhillin saura tirer parti, révélant soudain une énergie et un engagement qui ne s'étaient pas encore manifestés jusqu'ici. L'Allegro vivace d'ouverture est une véritable tempête – sous contrôle - et les mouvements suivants gagneront encore en intensité, à l’exception notoire du Finale dont on n‘a pas compris le caractère sombre et inutilement agressif. Notons encore un "Chacun(e) sa Chaconne" d’une ampleur inédite, et un Tchaïkovski très enlevé.

Le Français Victor Julien-Laferrière, 26 ans, jouera également la Sonate n°2 de Brahms mais dans des sonorités plus brillantes et plus colorées, faisant intervenir un jeu de contrastes, de clairs-obscurs et tensions passionnants, faisant aussi régner dans ce Brahms un caractère juvénile et frémissant tellement juste et cette nostalgie poignante mais sans amertume qui, chez le compositeur, tenait lieu d'optimisme (excellent Théo Fouchenneret au piano). Imposé très structuré mais follement imaginatif et Campanella (!) de Paganini/Kreisler à ce point investie qu’elle en devint même (parfois) belle. Avant tout cela, Victor aura joué Bach (Suite n°2) avec une sobriété qu'il semble réserver au Cantor, et l'élégance et le naturel qui auront caractérisé tout son concert.

Infos : www.musiq3.be ou www.cmireb.be