Musique / Festivals

Elles rejoignent quelques unes des fortes personnalités présentes au concours.

Six Belges participent à ce premier tour, sopranos toutes les six. Mardi, en fin de soirée, nous avons entendu la première d’entre elle, Emma Posman, qui, à 23 ans, est une des cadettes de cette session. Nous l’avions découverte à Paris, au concours Voix Nouvelles, notant « une voix lumineuse et pure et un mélange rare d’assurance et de poésie ». Et c’est bien ainsi qu’elle nous est apparue mardi soir, à travers un lied de Wolff et l’air « Regnava nel silenzio » (Lucia) de Donizetti. La jeune chanteuse a de l’allure et du punch, sa technique est assurée, il lui manquait peut-être ce petit plus de liberté qui lui aurait permis de donner la pleine mesure de son tempérament. Autre coup de cœur lors de la même soirée : le contreténor congolais Serge Kakudji, bien connu du public belge (et international) pour avoir participé à quelques spectacles cultes d’Alain Platel.

Le lendemain, la séance de l’après-midi permit de découvrir Deborah Salazar, aussi ravissante et presqu’aussi jeune que sa compatriote Posman, qui ouvrit audacieusement sa prestation avec « A Cupidon » de Milhaud – une mélodie aux limites de l’atonalité, suspendue dans l’aigu – dont elle se sortit pas mal, faisant découvrir au passage un suraigu quasi surnaturel… L’air de Linda de Chamonix (Donizetti) en apparut presque plus « facile », l’ensemble attestant des dons – voix, personnalité, musicalité – demandant encore à s’organiser. Ce fut ensuite au tour de Cécile Lastchenko, 28 ans (accompagnée par Eliane Reyes) qui fit tout oublier du contexte avec une prestation étourdissante de vitalité, d’inspiration, de générosité. L’air de la gouvernante dans The Turn of the Screw de Britten, ouvrit un monde d’émerveillement, de mystère et d’angoisse, « Azael » de Debussy aurait fait pleurer une pierre. Rien n’est standard chez cette jeune-femme et tout annonce une artiste puissante et attachante.

Dernière Belge à ce présenter mercredi après-midi, Charlotte Wajnberg, 28 ans, offrit à son tour une prestation très maîtrisée, avec « Rheinlegendchen » de Mahler et « Non monsieur mon mari », extrait des « Mamelles de Tiresias » de Poulenc, où l’on découvrit, outre la noblesse du timbre, la solidité de la technique et un bel esprit de fantaisie.

Autres coups de cœur de cette séance : la mezzo française Héloïse Mas, une voix somptueuse, puissante et lumineuse, portée par une technique d’enfer ; le ténor français Fabien Hyon, le baryton ukrainien Yuriy Hadzedskyy, la basse cubaine Antoin Lopez Errera, l’incroyable soprano française Axelle Fanyo…

A retrouver sur www.cmireb.be ou www.musiq’3.be