Musique / Festivals

C'est au jeune Chinois Sihao He, 23 ans, que revint l'honneur d'ouvrir la premier session de violoncelle du Concours Reine Elisabeth, c'est donc lui qui, arrivé en finale, assurera la création publique de "Sublimation", l'œuvre commandée au compositeur japonais Toshio Hosokawa (voir ci-contre). Mais avant cela, le Brussels Philharmonic - invité pour la première fois à accompagner les lauréats du concours - aura entonné une vibrante Brabançonne en l'honneur de nos souverains !

Dans cette "Sublimation", l'entrée en matière et en musique passe un travail intense sur et autour d'une tonique toute puissante, en marche dans l'environnement vaste et touffu de l'orchestre - que son chef, le Français Stéphane De Nève, fait briller de tous ses feux - jusqu'à l'arrivée d'une cadence en pizz - allusion au koto traditionnel - qui ouvrira à des épisodes de plus en plus fouillés, virtuoses, foisonnants de couleurs et de sensations, et conduisant, dans une tension inouïe, vers un silence tout aussi intense. Une version convaincante et aboutie, accueillie par une ovation adressée sans doute autant au compositeur qu'aux interprètes.

Sihao He est un des deux lauréats ayant choisi le Concerto en la mineur de Robert Schumann : trois parties enchaînées, s'ouvrant par un Allegro ("Nicht zu schnell") dans lequel le musicien s'engage sans réserve. Les sonorités sont puissantes et bien projetées, les phrasés amples, à la fois chantants et charpenté, suivis avec un soin infini par l'orchestre et son chef. A cet égard, le passage à l'Adagio - magnifique mélodie doucement doublée par les vents et accompagnée des pizz des cordes- est un moment de grâce - un moment de répit aussi pour le lauréat visiblement accablé par la chaleur. Il ne se lancera pas moins dans le finale désigné Vivace "Sehr lebhaft", dans un tempo soutenu, en y déployant à la fois l'esprit de fantaisie propre à Schumann, ce merveilleux pouvoir de chanter déjà observé et une connexion permanente avec l'orchestre, autant du côté du premier violon que du chef. Le tout porté par un sens du discours qui fera pardonner quelques signes de fatigue.