Musique / Festivals

Brussels Philharmonic en forme cosmique, peut-être un peu trop

Salle comble, arrivée très applaudie de la princesse Marie-Astrid et du prince Lorenz, la deuxième soirée de finale s'ouvre dans une ambiance de feu. C'est quand même dans le plus grand silence - Stéphane De Nève pose un doigt sur ses lèvres - que le Français Yan Levionnois, 26 ans, entreprend Sublimation de Toshio Hosokawa. 

Dans la partie introductive, son approche n'en est pas moins déterminée, ses sonorités, à la fois soutenues et constamment variées - comme le demande la partition- et la tension ne cessera de croître dans un élan que le musicien ne relâchera que dans la section finale, dont la lenteur et la progressive assomption n'aura que plus d'impact.

Il revient ensuite au jeune Français de donner le premier des quatre concertos (op. 104 ) de Dvorak qui nous attendent cette semaine : le premier solo de cor indique d'ailleurs que l'épreuve est presque aussi déterminante pour les musiciens de l'orchestre que pour le soliste "officiel"... Après la longue introduction orchestrale, la fusion entre le violoncelle et les timbres de l'orchestre tardera à opérer, sonorités un peu objectives d'un côté, éclats excessifs de l'autre, et il faudra attendre le sublime sostenuto, en duo avec la flûte, pour que s'installe non seulement l'adaptation réciproque des timbres mais encore la commune respiration. 

La fin du mouvement bénéficiera ainsi d'un lyrisme et d'un élan bienvenus (qui viendront d'ailleurs compenser certaines crispations techniques du soliste). Dans l'Adagio, le jeune Français renouera pleinement avec le raffinement, le sens de la construction et le lyrisme attestés lors de ses premières prestations, avec de merveilleux moments de dialogue avec les solistes de l'orchestre, avec parfois aussi des ruptures d'ambiance, liées à de trop grandes disparités d'approches. Le finale confirmera que c'est dans les apartés (plus sublimes les uns que les autres) avec les solistes de l'orchestre que le lauréat se révélera le plus inspiré, notant une magnifique coda, poétique et tendre, enfin unifiée (où c'est quand même l'orchestre qui a le dernier mot!).