Musique / Festivals

La demi-finale de ce mardi soir.

La soirée de mardi s'ouvre avec la candidate russe Anastasia Kobekina, 22 ans. Elle a choisi le concerto n°2, en ré, de Haydn, dans lequel elle manifeste d'emblée des signes de nervosité : les phrasés sont subtils mais traversés de dérapages ; malgré le luxueux Guadagnini, les sonorités peinent à s'épanouir et il faut toute l'attention de Frank Braley pour que le lien s’établisse avec l’orchestre. Comme souvent, la cadence - signée par la candidate elle-même - permettra à celle-ci de reprendre ses marques et le mouvement central, ouvert dans un climat rasséréné, mettra en valeur le lyrisme, l'imagination et le goût de la jeune-femme. Le finale - aux difficultés diaboliques - n'en sera pas moins inconfortable, malgré un tempo bien choisi.

Dans le Concerto n°1 (Haydn toujours), le Français Yan Levionnois, 27 ans, atteste stabilité et élan, c'est déjà la moitié du bonheur, d'autant plus qu’avec lui, tout sonne et chante. Après une superbe cadence signée Jean-Guihen Queyras (mieux vaut parfois s'en remettre à l'expérience des champions), le passage à l'Adagio confirme le lyrisme du Français, sur un mode hyper romantique, certes, mais dans des sonorités rondes, douces, modérément vibrées, portées par un orchestre inspiré et fraternel. Le finale - étincelant, maîtrisé, plein d'humour - confirmera les immenses qualités du candidat et lui vaudra une ovation.

Le récital du Germano-japonais Christophe Heesch, 21 ans, ne comprend que trois œuvres mais elles seront significatives, à commencer par la Suite n°5 de Bach, ou l'on découvre un jeu clair, d'une justesse parfaite, inscrit dans des sonorités pures et lumineuses, quoiqu'un peu courtes et manquant parfois de ligne et de tension. Une tension que l'on découvrira à plein dans la pièce d'Annelies Van Parys, dont le jeune candidat donnera une lecture à la fois engagée, raffinée et d'une lisibilité exceptionnelle. Schubert, enfin, et sa Fantaisie révéleront surtout la capacité du candidat à chanter et à danser, moins à se livrer à des acrobaties (dont le piano prend heureusement une bonne part).

Il est déjà bien tard lorsque le Français Bruno Philippe, 21 ans se présente sur la scène du Studio 4 mais sa Suite n°4 de Bach est de celles qui captivent, précisément par sa façon de révéler l'harmonie par la conduite rythmique. Après un imposé mené en authentique duo avec le pianiste (Tanguy de Williencourt), la Sonate de Poulenc sera menée comme une pièce « de caractère » - gouaille et désinvolture - jusqu'aux accents poignants de la cavatine. La version déjantée de nos compères cédera ensuite à l'humour de ce "moine et voyou" de Poulenc, offrant un moment hors concours, couronné par une petite friandise, signée David Popper. Jubilatoire.

Infos : www.musiq3.be ou www.cmireb.be