Musique / Festivals

Jadis "How to Carve a Carrot into a Rose" (son second EP en 2013), hier encore "Nobody Really Cares If You Don't Go to the Party" sur le fort bien nommé "Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit" (son premier LP sorti deux ans plus tard), et aujourd'hui ici "Crippling Self Doubt and a general lack of self confidence" ou l'imagé "Walkin’ on eggshells"… Cette petite a toujours eu le sens de la formule, personne ne pourra lui enlever. L'imagination généreuse aussi, et cet aura d'anti-héroïne trouble-fête parfois sublime. La girlfriend du rock indé n'aura en tout cas pas laissé sa guitare bien longtemps dans l'étui.


Une année à peine après son escapade en tandem avec son acolyte Kurt Vile le temps d'un "Lotta Sea Lice" excellent, Courtney Barnett persiste et signe ici un deuxième album qui – l'effet de surprise en moins – n'a pas vraiment à rougir de son prédécesseur. On y croise furtivement les frangines Kim et Kelley Deal (The Breeders), y retrouve l'écriture piquante ou l'humour décalé de la brunette australienne de 30 printemps ("Need A Little Time"), la candeur de sa voix de post-adolescente mi-blasée mi-tendue ("City Looks Pretty"), quelques montées de fièvre post-grunge ("I’m not your mother, I’m not your bitch"), toujours un brin de nostalgie nineties ("Nameless, Faceless") et la précision de ses doigts électriques.

Un assez bon disque qui donc n'invente rien, ne surprend aucunement mais offre plusieurs moments des plus réjouissants. A savourer à sa juste valeur en live, plus que probablement.

© D.R.
 > 1CD (Marathon/PiaS). En concert le 30 mai à l'AB.
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