Musique / Festivals

Ce samedi soir, le fan de techno peut afficher une mine radieuse : les programmateurs l'ont choyé. Mind Against, Recondite et Tale Of Us se succèdent sur la scène "Garden Of Madness" pour cinq heures de musique ininterrompue. Emoustillés, nous prenons même le risque de subir durant quelques minutes la tech house du Kollektiv Turmstrasse bien, trop calibrée à notre goût, pour assister au lancement des hostilités.

Pourtant à 20h et des poussières, le parterre de spectateurs est à moitié vide. Tale of Us a bien du mal à faire décoller l'ambiance, et l'offre de Tomorrowland est telle, que nous finissons par quitter les lieux pour aller trouver notre bonheur ailleurs. La tentation d'aller traîner du côté de Charlotte De Witte est grande, mais Dixon s'apprête à débarquer sur la scène "Core", qui a fourni quelques-uns des meilleurs sets du week-end.

Je t'aime à l'africaine

Plus petit, l'espace imprime d'emblée sa marque, crée une atmosphère cosy quasiment intimiste, qui fait manifestement davantage danser les gens. Le Berlinois &Me clôture son show et voilà que Dixon peut donc faire son entrée, comme annoncé sur le programme. Le producteur allemand à la mèche bien coiffée a bien changé. Le voilà barbu, le teint mat, et affublé d'une tunique africaine. Sans doute épuisé par le rythme incessant des tournées, le bonhomme a dû craquer avant d'aller se ressourcer dans les plaines kenyanes avant de virer au chamanisme.

Mais sa musique aussi a changé : la techno froide a cédé sa place à quelque chose de plus chaleureux, une minimale tournée vers l'exotisme, l'aventure, aux rythmiques multiples et régulièrement doublées de djembé. Ce n'est pas Dixon… C'est Damian Lazarus, le sorcier en personne, dont le set a été avancé de deux heures. Hasard merveilleux qui nous fait profiter d'un show merveilleusement dansant et intelligent.

© James Arthur Gekiere

Après une bonne heure trente de Lazarus, il est temps d'aller écouter autre chose. Quitte à changer d'ambiance, autant partir dans une direction radicalement opposée et aller tester… la scène Bonzai records. Revenu en grâce depuis derniers mois avec l'organisation de plusieurs soirées sold out, le mythique label flamand de Hard Trance a reçu les clés du "Rose Garden" pour la journée.

Fini les djembés et les envolées progressive : ici, on tape dur comme fer sur le crâne des festivaliers et on jette de la crasse basse avec une vigueur toute communicative. On a un peu le sentiment de se retrouver dans une soirée pour taulards, entre tous ces grands gaillards bodybuildés et tatoués aux crânes lisses, mais l'ensemble est bon enfant et le finaud Franky Kloeck est aux manettes avant de céder son siège au mythique Yves Deruyter.

Coucou les Dewaele !

Epuisés par toute cette agitation, nous filons vers la scène "Organ Of Harmony" pour aller admirer une énième fois les frères Dewaele - aka Soulwax et 2ManyDj's - qui se produisent en DJ set, avant de jeter un œil par pur professionnalisme au show de Dimitri Vegas et Like Mike sur la Main Stage. Ces deux derniers ne nous convaincront jamais, mais ce n'est pas très grave. Tomorrowand s'est fort bien diversifié et nous a proposé plusieurs artistes d'excellente facture.