Musique / Festivals

Tomorrowland devait bien se terminer un jour, et pour dynamiter cette ultime soirée, ses organisateurs ont sorti la toute grosse artillerie. Commençons par Solomun, producteur germano-bosnien monté en puissance dans les boîtes folles d'Ibiza ces dix dernières années, où il a mis au point une house dense et mélodique, suffisamment puissante pour capter l'attention de la foule réunie devant la Main Stage.

Quelques minutes avant 20h, le DJ taciturne à la mine sombre livre un set impeccable... sans dire un mot. Le grand barnum EDM a momentanément été déplacé sur la scène voisine, emportant avec lui les incessants appels à lever les mains en l'air. Solomun n'est pas là pour communiquer, mais faire danser, et le public s'est manifestement fait à l'idée.

Maceo ou Richie ?

La suite est une affaire de choix, drame récurrent dans les festivals qui comptent de nombreuses scènes. À 20h45, le public doit choisir entre Maceo Plex et Richie Hawtin, la fête ou l'intensité, l'Amérique ou le Canada. Nous commençons par Maceo, roi de la nuit de Miami, où il s'est littéralement approprié la scène house de ces dernières années, quand il ne se produit pas dans des sets plus techno avec ses deux alter ego.

Sous les champignons violets qui ornent la scène "Youphoria", M. Plex nage en plein bonheur, affiche un sourire ravageur et fait un gros câlin à Stefan Bodzin venu admirer sa prestation avant de prendre le relais. L'homme a le beat dansant, ni trop dur, ni trop léger. Mais l'ambiance peine à décoller et on sent les festivaliers un rien fatigués. Après une bonne heure, nous décidons donc d'aller voir de nos propres yeux l'ami David Guetta, DJ superstar et victime préférée des cyber-moqueurs qui se demandent régulièrement s'il fait quelque chose derrière ses platines ou s'il se contente de lever le petit doigt en l'air.

David et sa clé USB

Moqué ou non, Guetta jouit d'une réelle popularité. La plaine qui devance la Main Stage est bondée. Le producteur français fait son entrée… les mains en l'air avec une barbe d'une semaine, avant (ô miracle), de triturer quelques boutons sur les machines disposées devant lui. Trêve de cynisme, son set est plutôt réussi dans le genre. Les spectateurs de la Main Stage veulent en prendre plein la vue, entendre des titres connus, et sauter en l'air de temps à autre. À ce niveau, David remplit pleinement son contrat.


Ses titres s'enchaînent, les lancers de serpentins ravissent les fans des premiers rangs, et le DJ en profite pour tester deux ou trois nouveaux titres qui devraient plaire, puisque nous ne notons pas vraiment de différence avec les anciens. Les amateurs de son plus dur auront tout le loisir d'aller voir Nina Kraviz, les "danseurs" se jetteront dans les bras de Joris Voorn, et les fanatiques des feux d'artifice courront une dernière fois admirer Dimitri Vegas, Like Mike et Steve Aoki.

Qu'on aime ce Disneyland pour adultes ou non, il faut reconnaître que Tomorrowland nous en aura mis plein la vue tout au long du week-end, et que la diversité musicale y est de plus en plus appréciable.