Musique / Festivals

Si l’expression a quelque chose de désuet, Diego Cortez Salas est le DJ qui monte à Bruxelles. Anderlechtois de 29 ans, musicien, producteur, animateur radio, programmateur du club Mr. Wong, cofondateur du label Biologic Records… Un joli parcours qui l’amène à publier un premier LP (“The Unspoken”) et à revenir jouer à Dour pour la troisième fois (samedi dès 16 h au Bar du Petit Bois).


Comment fait-on pour percer comme DJ ?

Faire de la musique électronique à Bruxelles, c’est facilité par ce côté “village”… Ce qui m’a aidé à faire mon trou, c’est que j’ai commencé jeune et me suis vite investi dans la scène. J’avais mon émission de radio, ce qui m’a permis de faire connaissance avec les gens du milieu, qui m’ont soutenu et grâce auxquels j’ai commencé à jouer. Traîner chez les disquaires, ça aide aussi… Il y a quelques années, toute la scène électronique bruxelloise se retrouvait chez Doctor Vinyl. On échangeait, j’écoutais leurs histoires, je regardais les disques qu’ils prenaient… Ce sont ces rencontres qui m’ont progressivement permis de me faire une petite place moi aussi. Enfin, le fait d’être producteur, et pas juste DJ, est un avantage également.




Quid de l’opposition entre mainstream et underground sur le terrain électronique ?


La musique électronique est de plus en plus intégrée, son influence a explosé. Aujourd’hui, des gars comme Duke Dumont ou The Magician sont joués à la radio, et, si la forme se fait plus pop, les codes derrière sont ceux de la house. La radio, c’est un bon indicateur de tendances, et la musique électronique y est très représentée, même si ce n’est pas toujours sous ses meilleurs aspects. Perso, je trouve ça plutôt positif. Cela fait des portes d’entrée supplémentaires vers la découverte de la scène […] Je pense que la frontière entre le mainstream et l’underground n’est plus aussi marquée que dans le passé. Le message derrière peut être différent… L’intention, artistique d’un côté, et plutôt une envie de paillettes et de fête de l’autre.

Y a-t-il un décalage entre les fantasmes du public et la réalité de la scène ?

Les histoires qui se racontent le plus sont celles susceptibles d’exciter les gens, tout simplement. Après, mon histoire personnelle, c’est que je ne prends pas de drogue et que je suis donc la preuve vivante que l’on peut évoluer dans ce milieu sans en consommer. Il y a un peu de tout à mon avis. Mais ce qui peut sembler méga heureux et festif vu de l’extérieur, ne l’est pas forcément vécu de l’intérieur. Pas triste, mais solitaire et parfois sombre… Pour les grands DJ qui tournent trois soirs par semaine, la fête n’est plus forcément là.