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Le compositeur français, oscarisé pour "Love Story" en 1970, est mort mercredi à 86 ans.

Da ba da ba da. Da da ba da ba…" En 1966, quand il compose sa première musique de film pour Un homme et une femme, Francis Lai frappe fort. Porté par Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant, le septième film de Claude Lelouch décroche la Palme d’or à Cannes et vaut d’emblée au compositeur de 34 ans une nomination aux Golden Globes. Ses quelques notes de piano enjouées, sur une chanson interprétée par Pierre Barouh et Nicole Croisille et sur fond d’une plage de La Baule, marquent à jamais l’histoire du cinéma français. Et lancent la carrière de Francis Lai, qui s’est éteint mercredi soir à l’âge de 86 ans, comme l’a annoncé dans la soirée le maire de Nice Christian Estrosi sur son compte Twitter.

Né à Nice en 1932, Lai débute sa carrière au début des années 60 en composant la musique de quelques chansons d’Edith Piaf : L’Homme de Berlin, Les Gens… Fort de son premier succès avec Lelouch, il devient un compositeur en vogue. En 1968, il signe le tube d’Yves Montand La Bicyclette, tout en poursuivant sa collaboration avec Lelouch, pour qui il signe les bandes originales de Vivre pour vivre (1967), 13 jours en France (1968) et La Vie, l’Amour, la Mort (1969). De quoi attirer l’attention d’Hollywood…

Le compositeur attitré de Lelouch

En 1969, Arthur Hiller fait en effet appel à lui pour composer la musique de son film Love Story, romance tragique entre Ryan O’Neal et Ali MacGraw. Ici encore, Francis Lai impose une forme de ligne claire. Sa mélodie simple, interprétée au piano, qui dit tout le désarroi de deux être aimés, lui vaudra en 1970, non seulement le Golden Globe de la meilleure musique de film, mais surtout un Oscar.

Pourtant, Francis Lai restera fidèle au cinéma français, se faisant notamment indissociable de la filmographie de Lelouch, pour qui il compose au total 35 bandes originales, d’Itinéraire d’un enfant gâté en 1988 aux Misérables en 1994, jusqu’à Chacun sa vie l’année dernière.

De quoi lui laisser peu de temps pour travailler pour d’autres réalisateurs, même s’il collabore avec quelques grands metteurs en scène comme Jean Delannoy (Le Soleil des voyous en 1967 et Bernadette en 1988), René Clément (Le Passager de la pluie en 1969), Henri Verneuil (Le Corps de mon ennemi en 1976), Georges Lautner (L’Inconnu dans la maison en 1993) ou encore Yves Boisset (Canicule en 1984). Tandis que certains cinéastes étrangers font appel à ses services, que ce soit l’Italien Dino Risi (Âmes perduesen 1976), le Britannique David Hamilton (Bilitis en 1976) ou le Russe Nikita Mikhalkov (Les Yeux noirs 1987).

La musique des "Ripoux"

Mais Francis Lai a aussi été adoubé par le cinéma populaire français. On lui doit notamment, en 1984, le thème emblématique des Ripoux de Claude Zidi, avec Philippe Noiret et Thierry Lhermitte, et de la suite Ripoux contre Ripoux, cinq ans plus tard. Tandis que Philippe de Broca (Les Clés du paradis en 1994) mais aussi Bertrand Blier, pour Trop belle pour toi, avec Gérard Depardieu, Josiane Balasko et Carole Bouquet en 1989, font confiance à son talent.