Musique / Festivals

Le chanteur et musicien s’est éteint à Los Angeles. Il avait 76 ans.

Voici quelques jours, il avait annoncé qu’il quittait la scène, pour cause “d’épuisement”. A 76 ans, après une longue carrière, Al Jarreau, fatigué, prenait sa retraite. Le chanteur, primé à sept reprises aux Grammy Awards, n’aura pas eu la chance d’assister à la dernière cérémonie qui se tenait cette nuit à Los Angeles : il s’est éteint à l’hôpital, à quelques heures de la grand-messe de la musique, à laquelle il avait si souvent participé. C’est son manager, Joe Gordon, qui a annoncé la nouvelle, par voie de communiqué.

“Sa deuxième priorité dans la vie était la musique”, a-t-il encore déclaré. “Il n’avait pas de troisième priorité. Sa première priorité, bien au-delà des autres, était de guérir et de consoler ceux qui souffrent.”Un reste, sans doute, des études de psychologie qu’il avait entreprises avant de se lancer dans la musique. Né à Milwaukee le 12 mars 1940, Alwyn Lopez Jarreau était le fils d’un pasteur et d’une pianiste d’église. Passionné de chant, il se produit très jeune dans les bars de sa ville natale. Il faudra attendre de longues années, pourtant, avant que ce passionné de jazz et de soul signe son premier disque. C’était en 1975 avec un album de reprises, “We Got By”. En l’espace de deux ans, son talent est reconnu et il empoche son premier Grammy. La télévision lui fait les yeux doux et, peu à peu, sa voix et son sourire s’imposent au public américain. Les puristes, eux, mettront longtemps à le considérer autrement que comme un “chanteur de variétés”, ce qui ne semblait nullement le chagriner. Et pour cause : après son succès au Troubadour Club de Los Angeles, il rejoint l’une des plus importantes écuries du disque : Warner Bros.

Le cinéma fait aussi appel à lui

Au début des années 80, il publie “Breaking Away”, qui reste sont plus grand succès commercial, avec plus de vingt millions de copies vendues. Basé sur des improvisations jazzy, le disque assied son style et sa renommée. Le hit “We’re In This Love Together” tourne en boucle sur les ondes du monde entier. Le cinéma fait également appel à lui. En 1982, il participe à la bande originale du film “Night Shift”, de Ron Howard, avec une chanson – “Girls Know How”  – signée Burt Bacharach. Il écrit également la chanson du générique de la série “Clair de lune”, reprise par différents comédiens au fil des épisodes.

A la recherche de nouvelles aventures musicales, tandis que la décennie 80 touche à sa fin, il s’essaie au reggae et au rock. Son album “Heaven and Earth”, sorti en 1992, lui vaut un nouveau Grammy, celui de “meilleure performance de chanteur R’n’B”. Jamais rassasié, il donne ensuite des concerts avec un orchestre symphonique et joue la comédie, à Broadway, en endossant les rôle de Teen Angel, dans “Grease”.

Mais ses premières amours le rattrapent et, en 1994, il revient au jazz avec un album intitulé “Accentuate the Positive”, qui reprend des morceaux de Duke Ellington, Dizzy Gillespie et Johnny Mercer. Star discrète, Al Jarreau reçoit, en 2001, son étoile sur le Hollywood Walk of Fame. En 2007, grâce à l’album “Givin’ It Up”, qu’il concocte avec George Benson, il empoche deux Grammy supplémentaires. En avril 2016, Al Jarreau avait été invité par Michelle et Barack Obama à donner un concert à la Maison-Blanche. En y regardant de plus près, on verrait presque une filiation entre les deux hommes : même intelligence, même classe, même discrétion.

Un prince des Grammy Awards

1978: Meilleure prestation vocale dans la catégorie Jazz, avec l'album "Look To The Rainbow" .

1979: Meilleure prestation vocale dans la catégorie Jazz, avec l'album "All Fly Home" .

1981: Meilleur album pour enfants, avec "In Harmony A Sesame Street Record", en compagnie d'autres artistes .

1982: Meilleure prestation vocale dans la catégorie Pop, avec l'album "Breakin' Away" — Meilleure prestation vocale dans la catégorie Jazz, avec "(Round, Round, Round) Blue Rondo A La Turk".

1993: Meilleure prestation vocale dans la catégorie R&B, avec l'album "Heaven and Earth".

2007: Meilleure prestation vocale dans la catégorie R&B, avec l'album "God Bless The Child," en compagnie de George Benson et de Jill Scott.