Musique / Festivals Le dandy français Alain Chamfort nous revient avec "Le Désordre des choses". Un quinzième album qui respire la sagesse et qui, surtout, ne craint plus le temps qui passe. Ce sera son dernier disque sous contrat. Après, le chanteur ne sait pas ce qu’il adviendra… Entretien.

En mars dernier, Alain Le Govic dit Chamfort fêtait son soixante-neuvième printemps naissant. Avec plus de cinq décennies de refrains derrière lui, le chanteur élégant fut de toutes les époques et conjugua ses mots à tous les temps hexagonaux, de celui des yéyés à celui de la variété en passant bien souvent aussi par ceux de mots plus exigeants.

Cette semaine, le Français publie "Le Désordre des choses", quinzième album très réussi - écrit, une fois n’est pas coutume, avec la plume de Pierre-Dominique Burgaud - où il observe le temps s’égrainer sereinement dans le sablier. Un disque doux et apaisé, traversé de questionnements en cours de résolution. Celui d’un "chanteur à midinettes" devenu chanteur à fans. Celui d’un homme qui semble s’être délesté de l’angoisse du temps qui passe. Celui d’un artiste connecté et en phase.

On nous glissait juste avant l’interview que vous étiez quelqu’un qui aime prendre son temps… Un luxe...

J’essaie de m’accorder cette liberté-là autant que faire se peut. Quand on a la chance d’exercer un métier comme le mien, on bénéficie de certains privilèges, dont celui-ci.

Le temps est d’ailleurs central au fil de ce disque…

Automatiquement, lorsqu’on approche certaines zones d’âge, et j’y arrive à grande vitesse, arrive toujours ce genre de questionnement. Plutôt que d’affronter cela, j’ai toujours tenté de reculer l’échéance et le constat. Et, là aussi, mon activité permet de ne pas trop se rendre compte et d’essayer d’échapper le plus longtemps possible à cette règle-là. Ce qui à terme est bien sûr impossible. Il est temps d’y faire face. Si j’observe les vingt dernières années, cela a déjà été une accélération constante, et je suis obligé de projeter les vingt qui arrivent. Je me trouve donc à un moment charnière que je devais exprimer en chansons.

On a l’impression que ce temps jadis angoissant, vous l’appréhendez aujourd’hui plus sereinement ?

Ce sont des sujets que...