Musique / Festivals

Le village de Gstaad n’est pas que le refuge de Roman Polanski, le rêve de Johnny Halliday ou la station la plus huppée de Suisse, il est aussi le lieu d’un festival hors normes, rassemblant chaque année une poignée de musiciens amis ralliés par Caroline Murat, directrice artistique du festival, mieux connue sous son nom de pianiste, Caroline Hafner. Une femme irrésistible, à l’oreille fine, au contact chaleureux, à l’énergie inépuisable, et - ceci expliquant cela - au carnet d’adresse bien fourni. Avec elle, tout semble simple: disposer du mythique Grand Hotel Park comme quartier général et des églises des environs (dont celle de Rougemont, en Suisse romande toute proche) comme auditoriums annexes; compter parmi ses invités des stars internationales et les mêler à de jeunes talents venus du monde entier; obtenir la collaboration active des Gstaadois de souche comme celle de firmes ou fondations de prestige; et présenter à tous les mélomanes, importés ou non, des prix particulièrement démocratiques (entre 10 et 45 francs suisses, tarifs spéciaux pour étudiants, et parfois entrée libre).

La position de Gstaad - non loin de Château d’Œx, à l’est du Lac Léman -, est intéressante pour les Suisses comme pour les vacanciers, et tant qu’à faire la fête à l’occasion de l’an nouveau, autant que ce soit au cœur d’une belle nature et en musique.

Invitée d’honneur cette année: Marthe Keller, transfuge talentueuse venue du cinéma vers l’opéra, où ses mises en scène soulèvent enthousiasme et admiration, et restée, à travers tout, comédienne d’exception. C’est elle qui ouvrira le "New Year Music Festival", dans le salon Montgomery du Grand Hotel Park, avec un programme consacré à Rainer Maria Rilke (en français et en allemand), donné en compagnie de la pianiste Blanche d’Harcourt, bien connue en Belgique en tant que fondatrice et directrice des Rencontres musicales d’Enghien (un observatoire incomparable de la jeune génération des musiciens). La soirée se poursuivra avec "La Nuit transfigurée" de Schoenberg par l’orchestre de chambre du festival, et les prestations de Katia Michel (piano) et Tiina Soé (Chansons am Klavier, Berlin-Paris). Exemple du mélange des genres et des artistes pratiqué au festival.

La suite se déroulera selon un tempo enlevé: deux à trois événements par jour, comprenant conférences (l’auteur Gonzague Saint-Bris fait partie des invités), récitals ou concerts avec orchestre, dans différents lieux voisins (mais demandant le recours aux voitures). On entendra notamment le pianiste Didier Castell-Jacomin (qui vient de sortir un CD Chopin chez CRC) dans des concertos de Haydn et de Mozart sur piano forte, la pianiste Michiko Tsuda, issue de la classe de del Pueyo au Conservatoire de Bruxelles, dans un récital Paderewski, le violoniste Jack Liebeck, dans des sonates de Bach et d’Ysaÿe, le pianiste David Kaplan entouré de William Michel et Verena Sennekamp dans de la musique de chambre signée Haydn et Schumann, et même notre compatriote Lorenzo Gatto (le samedi 2 janvier)!

A Gstaad, du 29 décembre au 3 janvier. Infos : 0041.79.745.1985 ou gstaadnym@gmail.com ou Office du tourisme de Gstaad et de Rougemont