Des soirées jusqu'aux douze coups

M.-H.T. et M.-A.G. Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Zach Rogue, la voix de Rogue Wave ouvre les portes de la soirée. Mais ne se montre pas à la hauteur des compositions folk rock bien balancées de la formation d'Okland. Atomisant, le concert de Health à l'Orangerie offre un tout autre visage. Une sorte de noise abrasif emprunté à ce que les Liars ont de plus primal. Cette tornade bruitiste contrôlée séduit les rares spectateurs présents. Et sans doute égarés puisque l'album du combo n'est pas encore dans les bacs sous nos latitudes. Les Battles n'ont qu'à bien se tenir, leur équivalent punk explose sur scène. Les frontmen de la formation bougent comme des possédés, une image est en parfaite diégèse avec leur son primal et volcanique. Dommage que la voix du chanteur qui oscille entre lamentations et cris se retrouve en sourdine, effacée derrière un mur du son efficace mais mal géré.

Dans un tout autre style, Dälek assure la suite des événements dans la fraîcheur de la Rotonde. Son hip hop inquiétant et atmosphérique séduit, mais déroule parfois une monotonie gênante. La pop rock disco house de Friendly Fires remet de bonne humeur. Ces grands enfants des Raptures et de Radio 4, de passage sur le continent entre plusieurs dates britanniques, ont du mal à décoller. Mais la seconde moitié de leur prestation prend une tournure nettement plus funk et electro dans la lignée de LCD Soundsystem. Ludique et inventive, la joyeuse troupe finit par recueillir sans difficulté les faveurs de la salle qui se met à danser. Avec son look de Big Lebowski, Sébastien Tellier hypnotise la foule agglutinée sous le chapiteau à coups de grosses nappes synthés et de guitares 80's. L'improbable et fantasque chanteur français qui vient de sortir l'imparable Sexuality (produit par Guy-Man l'un des Daft Punk) clôt la soirée en beauté sans compter, jusqu'aux douze coups de minuits.

Chaud dehors, chaud dedans. Ah, ce Daho qui vous enflamme les coeurs ! Que retenir de cette prestation, dans le cadre des Nuits Bota, alors qu'il se déployait déjà au Cirque royal, il y a à peine quelques semaines ? Qu'elle ne fut pas un décalque; qu'il n'a pas changé (ah, si, il a coupé ses cheveux, ouf !); que les paroles de ses chansons, ses déhanchements, son jeu avec le public éveillent toujours autant les sens; que l'on fut agréablement surpris par la justesse de sa voix sur un "Promesses" mis en avant grâce à la seule présence de Marcello Giuliani à la guitare.

De voix, les Ukulélé Girls et Daphné n'en manquèrent pas. Elles ouvraient le set devant un public qui tomba rapidement sous le charme. Les UG, ce sont quatre nanas, quatre petites guitares et encore plus de percussions en tout genre. Elles reprennent, notamment, quasi a cappella "Gangster Paradise" (Coolio) ou "We're pretty vacant" (Sex Pistols). Original et talentueux.

La voix de Daphné subjugue. Quel organe ! Modulé en anglais, aussi, c'est devenu la règle chez de nombreux artistes français. Outre ses propres compositions, Elle reprend, sous quelques discrets accords de guitare, un mémorable "Loosing my religion" de REM.

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