Des trucs pour survivre en festival

L.D. Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Quelque 2 000 interventions rien que pour l’édition 2011 du Festival de Dour, tel est le bilan affiché par la Croix-Rouge de Belgique qui n’a pas chômé l’an dernier. Cette année encore, c’est un véritable "petit village de secours" qui s’est déployé depuis mercredi, avec ses dortoirs, son réfectoire dans lequel 1 750 repas ont été servis l’an passé, sa cuisine mobile, ses douches de campagne Cinq jours durant, 160 volontaires secouristes se mettront au service des quelque 35 000 festivaliers et 32 000 campeurs qui participeront, chaque jour, à la 24e édition de ce grand rendez-vous.

Et des festivals musicaux, il y en aura encore d’autres, cet été. Sans vouloir jouer les trouble-fête, la Croix-Rouge de Belgique a édité cette année un "Manuel de survie en festival", qui sera distribué dans les postes médicaux lors desdites manifestations. On y trouve les 10 commandements de la CR pour survivre en festival.

A commencer par la petite trousse de secours à emporter et dans laquelle on mettra : des médicaments pour le mal de tête, un anti-vomitif et un anti-diarrhéique ("car certaines drogues ont aussi pour effet de provoquer de sérieuses diarrhées", précise-t-on dans la brochure), des sparadraps ("comme ceux vendus par la Croix-Rouge en mini-pochettes de 10, par exemple", y fait-on encore judicieusement remarquer ) et les médicaments habituels selon la nécessité individuelle (pilule contraceptive, allergies, diabète )

Deuxième commandement : "Tes pieds tu chouchouteras". Les bobos aux petits et grands petons sont, paraît-il, parmi les plus fréquentes blessures rencontrées par les secouristes chez les festivaliers qui ont le plus souvent adopté la tongue. C’est oublier, rappelle la CR, que "les festivals sont souvent installés sur d’anciens sites industriels réaménagés, avec des restes de dalles en béton et des piquets d’acier". Le conseil malin ? Prendre de bonnes chaussures pour parcourir chaque jour les kilomètres sur le site du festival et se protéger des insectes. Pas malin ? Marcher pieds nus.

Une autre bête noire des festivaliers, précisément les insectes (guêpes, tiques ) Pour les déloger, surtout pas d’alcool ni de cigarette allumée, avertit le manuel qui conseille tout simplement de se rendre au poste de secours où les pinces ad hoc et les produits anti-démangeaisons feront le nécessaire.

Puis, sans vouloir verser dans le catastrophisme, les brûlures sont aussi l’un des soucis fréquemment rencontrés par les secouristes, à des degrés parfois sévères. Les bons réflexes : refroidir la brûlure en la rinçant abondamment à l’eau, pendant 15-20 minutes, directement sous un robinet près des toilettes ou sous une douche dans le camping ; recouvrir la brûlure avec un bandage ou une compresse stérile ; laisser le vêtement qui colle à la brûlure et se rendre au poste de soins sans tarder.

On ne le dira jamais assez, il y a aussi les oreilles qu’il faut protéger. Nombreux - jusqu’à un sur cinq, dit-on - sont les jeunes qui souffrent aujourd’hui de troubles auditifs, dont les acouphènes, ces bruits insupportables qui sifflent en permanence dans l’oreille de celui qui en est victime. Les dégâts irréversibles occasionnés suite aux festivals de musique s’avèrent bien plus importants qu’on le pense. Plutôt que de s’enfoncer des tampons hygiéniques, du papier WC ou des filtres de cigarette dans le conduit auditif, comme les secouristes en trouvent régulièrement, rien de tel que de vrais bouchons d’oreille, tels ceux que portent d’ailleurs les musiciens. Les festivaliers pourront s’en procurer gratuitement aux stands de prévention.

En cas de plaie superficielle, toujours bien rincer à l’eau potable sans frotter. Si plus profonde, direction un poste de secours. Les équipes composées de secouristes, médecins, infirmiers, kinés sont parées à toutes les situations. Problème de drogue, abus d’alcool, que faire face à un festivalier qui a perdu connaissance, qui ne répond pas, qui ne bouge pas ? "Ne pas hésiter à appeler les secouristes, même si tu crois qu’il est "juste" bourré, c’est peut-être grave, indique la CR. En attendant, mets-le en position latérale de sécurité, couché sur le côté. Et surtout : ne le laisse jamais seul ."

Enfin, gare à l’hypothermie, l’alcool fait oublier la sensation de froid. Oserait-on évoquer les crèmes solaires et la nécessité de bien s’hydrater en cas de coups de chaleur ?

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