Musique / Festivals Au terme d’une soirée poussive, Orelsan réalise le Grand Chelem et Charlotte Gainsbourg est sacrée.

On a beau s’y attendre, on se surprend encore à constater qu’une soirée de remises de prix est tout sauf synonyme d’éclate totale. Et une fois de plus, vendredi soir, à l’occasion des 33e Victoires de la musique, on a compté les heures.

Pourtant, tout avait bien commencé avec une bonne dose d’émotion à l’occasion de l’hommage rendu à Johnny Hallyday en guise d’ouverture. Les musiciens du Taulier étaient de la partie, émus. Celui qui fut le dernier manager du rocker, Sébastien Faran, avait les larmes aux yeux après l’interprétation des accords de Toute la musique que j’aime et celle de Requiem pour un fou par Forent Pagny et Slimane. Mais ensuite, quel long tunnel…

Il aura fallu attendre 23h45 pour avoir droit à l’émotion de Juliette Armanet, Album révélation de l’année pour Petite amie. Dans la foulée, avec le jeune Eddy De Pretto, elle rendait hommage à Etienne Daho, Victoire d’honneur cette année. Également de la partie pour célébrer l’étoile pop, BB Brunes parvenait à faire bouger un peu une salle totalement léthargique… Lamomali - M et ses camarades maliens, Album de musiques du monde - aavit bien tenté de ruer dans les brancards putôt, rien n’y a fait. Quel dommage que Shaka Ponk, Album rock de l’année, était absent. Peut-être auraient-ils pu inverser la tendance… Largemet plus de deux heures se sont donc écoulées avant qu’il se passe enfin quelque chose sur la scène de la Seine Musicale, à Boulogne-Billancourt. C’est interminable...

Et ceux qui comptaient sur Daphné Bürki, transfuge récent de France 2, pour faire décoller la soirée, en ont été pour leur frais. Poussif, pas drôle et redondant sont les mots qui viennent à l’esprit pour qualifier sa prestation. Quand en plus une panne vient jouer les trouble-fête, ça en devient un grand moment de solitude.

Reconnaissons-le, l’exercice est loin d’être facile et nombre de présentateurs s’y sont déjà cassé les dents. On donnera cher pour que quelqu’un imagine un jour un concept qui rende enfin hommage à la musique ! "Les Victoires de la musique, c’est le plus grand concert de l’année", a osé la maîtresse de cérémonie. Ah bon ? Ça ne s’est pas vu même si les artistes n’ont pas démértié. Mais il manquait cette étincelle qui rend les choses magiques avec la musique.

Heureusement, il y aura eu les dernières minutes de la cérémonie. Avec le sacre d’une Charlotte Gainsbourg manifestement étonnée de se voir gratifiée du titre d’Artiste féminine. Et surtout le raz de marée Orelsan. Le rappeur français a raflé les trois catégories dans lesquelles il était en lice : les Victoires du meilleur clip, Album de musiques urbaines et Artiste masculin. Un grand Chelem ponctué d’une solide prestation live et d’un effort remarquable, celui de donner son concert à Genève et d’ensuite assurer sa présence lors de la cérémonie pour recevoir ses prix.

Avec Orelsan, le rap n’aura pas été boudé comme lors des Grammy Awards voici deux semaines. Big Flo et Oli ont remporté la Victoire de la Chanson originale décernée par le public à leur titre Dommage pour lequel ils ont - notamment - remercié Stromae. Le maestro qui a aussi été salué par son comparse Orelsan puisqu’il a contrinué à son album La fête est finie. À retenir encore, la Victoire de la Révélation scène décerné à Gaël Faye dont la prestation de la soirée fut aussi à souligner. Tout comme le décolleté vertigineux d’Iris Mittenaere - Miss Univers - venue remettre le premier trophée, mais ça c’est une autre histoire. Pour compléter le sacre du rap, MC Solaar a reçu le prix de l’Album de chansons, sa 5e Victoire depuis ses débuts.

En revanche, Louane est repartie sans rien après avoir rendu hommage à France Gall en reprenant Évidemment avec le pianiste Alain Lanty.



Le palmarès complet :

Artiste masculin de l’année : Orelsan

Artiste féminine de l’année : Charlotte Gainsbourg

Album révélation de l’année : Juliette Armanet avec Petite Amie

Révélation scène de l’année : Gaël Faye

Album de chansons de l’année : MC Solaar pour Géopoétique

Album rock de l’année : Shaka Ponk pour The Evol’

Album de musiques urbaines de l’année : Orelsan avec La Fête est finie

Album de musiques du monde de l’année : -M-, Toumani Diabaté, Sidiki Diabaté, Fatoumata Diawara (Lamomali)- Lamomali

Album de musiques électroniques ou dance de l’année : Dominique Dalcan pour Temperance

Chanson originale de l’année : Bigflo et Oli avec Dommage

Spectacle musical, tournée ou concert de l’année : Camille

Création audiovisuelle : Orelsan pour le clip de son titre Basique

Victoire d’honneur : Étienne Daho, pour l’ensemble de sa carrière