Musique / Festivals Sur la scène du BSF ce vendredi 11 août, Jil Caplan a sorti un 8e album après 10 ans de silence.

Oh tous les soirs, Tout ce qui nous sépare ou Natalie Wood : pour ceux qui les connaissent, la simple lecture du titre de ces chansons fait immédiatement poindre une mélodie dans la tête. Quoi de plus normal puisqu’elles furent des tubes fin des années 80, début des années 90.

Sorti en 1990, le 2e album de Jil Caplan, La charmeuse de Serpents, fut double disque d’or avec 300.000 exemplaires vendus. Deux ans plus tard, l’artiste française recevait la Victoire de la musique du meilleur espoir féminin. Par la suite, sa carrière se fera plus discrète jusque et y compris Derrière la porte, publié en 2007. Depuis, plus de nouvelles ou presque. En tout cas en chanson…

Et puis voilà qu’en janvier dernier, arrive en éclaireur le simple Les chevaux sauvages qui annonce un 8e album intitulé Imparfaite. Un "retour" que la chanteuse française, 52 ans cette année, doit à Romane, musicien de jazz swing, par ailleurs prof de guitare de Thomas Dutronc. "Un ami éditeur, qui savait que Romane voulait écrire des chansons, nous a mis en contact", raconte-t-elle.

"Romane n’a jamais travaillé avec d’autres chanteurs. Il officie au sein de nombreux groupes de jazz. Il fait beaucoup de concerts sous son propre nom. Il a joué avec Marcel Dadi, Didier Lockwood. Dans le monde de la pop comme de la chanson française, il n’est pas très connu. Il n’y a qu’Albin de la Simone pour m’avoir dit : Romane, le grand Romane ! ", précise Jil Caplan, enthousiaste, qui avant de le rencontrer pour la première fois avait été se renseigner sur Google, histoire de cerner le personnage. "Même si j’étais assez impressionnée, il y a un truc qui est tout de suite passé entre nous. Je lui ai donc envoyé un premier texte. Il a composé très vite dessus. Cela me change de tout ce que j’ai pu faire auparavant. C’est quand même plus acrobatique", analyse la chanteuse. Acrobatique dans quel sens ? "C’est plus jazz. Moins monocorde, beaucoup de changements de tons, de gammes."

C’est donc Romane qui met les mélodies sur les textes. Presque 30 ans après les tubes précités, Nos chevaux sauvages est de la même veine, pourtant : après avoir écouté une fois le titre, on en vient à le chantonner très rapidement. "Romane m’a dit que la mélodie était dans le texte. Il l’a perçue tout de suite. Cela paraît un peu mystérieux, mais c’est son analyse." Plutôt flatteur pour l’intéressée qui, depuis 2007, a jeté deux albums à la poubelle. Dont un avec J.-C. Urbain (Les Innocents), que l’on retrouvera finalement à la réalisation d’Imparfaite. "C’est lui qui a habillé les mélodies. Il a aussi composé Petite larme et Stradivarius" , ajoute Jil Caplan.

Si l’on ne s’étonne guère de la présence de Thomas Dutronc au générique d’Imparfaite, celle de Benjamin Biolay pourrait davantage surprendre. Sauf quand on apprend que Le temps qui passe est dédié à Hubert Mounier, un proche du chanteur qui vient de sortir Volver, sur lequel Arrivederci est aussi consacré au chanteur de L’Affaire Louis Trio, disparu en 2016. "C’était un ami à moi, aussi. C’est par Benjamin que j’ai appris son décès. Benjamin et moi, nous nous sommes retrouvés aux obsèques d’Hubert. Notre première rencontre datait de son premier album, Rose Kennedy ", se souvient Jil Caplan qui insiste : "C’est un duo émotionnel, pas du marketing. Cela s’est imposé qu’il chante sur cette chanson. Avec cette mélancolie, son spleen. C’est quelqu’un de timide, pas du tout arrogant, comme on pourrait le penser."

En savoir plus : en concert le 11 août à 20h30, au Brussels Summer Festival (La Madeleine) . www.bsf.be

Imparfaite: un CD Warner France/distr. Igloo Records


De la plume aux planches, dix années très actives

Une décennie bien remplie. Entre 2007 et 2017, Jil Caplan, de son vrai nom Valentine Guilen-Viale, n’est, évidemment, pas restée sans rien faire. Celle qui a suivi des études de lettres modernes à la Sorbonne et les cours Florent a écrit des livres et joué au théâtre.

En 2012, elle publie Vie sauvage (XX1siècle Editions). Deux ans plus tard, ce sont les éditions Derrière la salle de bain qui sortent un recueil de poèmes Pour les oiseaux.

En 2014, Jil Caplan joue, au festival d’Avignon, dans un spectacle théâtral et musical, Sur la route, autour des écrivains de la Beat Generation. Elle était de retour cette année dans le off avec Juste la fin du monde, une pièce de Jean-Luc Lagarce mise en scène par Jean-Charles Mouveaux. Tout cela avant dix dates, avec l’orchestre de Normandie pour un tour de chant en hommage à Brel, pour les 40 ans de sa disparition.