Musique / Festivals Dhani Harrison, le fils du Beatles George Harrison, sort son premier album solo. Un disque osé et très travaillé. Un immense coup de cœur.

À bientôt 40 ans, Dhani Harrison n’est pas un novice dans le monde de la musique. Ses premiers pas, il les a faits au début des années 2000 en finissant Brainwashed, l’album posthume de son père George, guitariste des Beatles. Une prouesse qui lui a valu un Grammy. Depuis, il a déjà enregistré une poignée de disques avec ses groupes the newno2 et Fistfull of Mercy (avec Ben Harper et Joseph Arthur), multiplié les collaborations avec les plus grands et enregistré de nombreuses bandes originales pour le cinéma et la télévision. Le voici désormais seul à la barre de son premier album sous son propre nom. IN//PARALLEL est un disque magnifique et très riche.


Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de sortir un album sous votre nom ?

"Je voulais me donner le temps de me réaliser en tant qu’artiste à travers des bandes originales pour le cinéma et la télévision, en jouant avec mes groupes préférés et en donnant des concerts partout dans le monde. Il m’a fallu du temps avant d’être en paix avec l’idée de travailler sous mon propre nom. Auparavant, je ne l’étais pas et je multipliais les diversions pour ne pas le faire. C’était une sorte de thérapie."

Votre nom de famille vous posait problème ?

"Ce n’était pas un problème mais ça rendait les choses difficiles en ce sens que les gens étaient d’abord attirés par mon nom et pas par ma musique. C’est pour ça que j’avais utilisé le nom The Newno2, pour éviter qu’ils aient une idée préconçue. Désormais, je n’accorde plus d’importance à cela et ma musique est ce qu’elle est. Ce nouvel album, me correspond tout à fait et je suis heureux qu’il sorte sous mon nom. J’ai aujourd’hui nettement plus conscience de qui je suis vraiment et confiance en moi."


Qu’est-ce qui a fait que vous avez franchi le pas ?

"J’ai quasi exclusivement travaillé tout seul lors de la composition des chansons. Mon ami Jonathan Bates, du groupe Big Black Delta, a qui j’ai demandé un coup de main m’a dit que c’était un excellent album et qu’il ne fallait pas qu’il reste caché dans un tiroir ou qu’il sorte en catimini. C’est lui qui m’a dit que je devais le sortir sous mon propre nom et je me suis dit que le moment était arrivé de le faire."

C’est une étape important dans votre vie ?

"L’accueil que reçoit ce disque a boosté ma confiance. Je vais poursuivre dans cette voie et continuer à créer."

Cela signifie que vous avez mis un terme aux aventures avec The Newno2 et Fistfull of Mercy ?

"The Newno2 est désormais devenu un projet basé sur le design et le cinéma. Quant à Fistfull of Mercy, nous avons commencé à enregistrer un nouvel album il y a un peu plus d’un an, mais après avoir écrit une chanson, nous avons chacun dû partir en tournée. C’est difficile car nous sommes tous très occupés. Pour le moment, par exemple, je travaille sur la musique d’un documentaire et celle d’un show TV inspiré de Californication destiné à un grand réseau aux États-Unis. Tout cela prend évidemment beaucoup de temps."


Comment décririez-vous IN///PARALELL ?

"C’est la bande originale d’un film qui n’existe pas. Celui de ma vie peut-être. Une sorte de version cinématographique de ce que j’ai vécu. Au niveau du son, ça se situe entre le drum’n’bass et le grunge. Appelons ça du grunge’n’bass (rires) ."

À vous entendre, votre agenda ressemble à celui d’un Premier ministre. Trouvez-vous encore du temps pour mettre en valeur l’œuvre de votre père ?

"Nous avons passé un temps fou pour remasteriser ses 16 albums sur CD et vinyle et créer le boxset avec toute sa musique. On a sorti un documentaire, réédité le livre consacré à George, le concert pour le Bangladesh, celui du George Fest, etc. Et l’enregistrement du Concert For George va bientôt sortir en vinyle, ce qui est une première. Tout ce qui était prioritaire à mes yeux est désormais entre les mains du public, les fans ont largement de quoi faire pour le moment. Désormais, on va se concentrer sur la création d’événements du type exposition permanente ou itinérante, des souvenirs, etc."

Il n’y a plus d’archives inédites à sortir ?

"Il reste des démos mais il n’y a pas de raison de venir déforcer l’œuvre principale en publiant des choses qui ne font pas le poids. Je ne dis pas que ces démos sont de mauvaise qualité mais nous avons des critères de sélection très élevés contrairement à ceux qui publient tout et n’importe quoi. Si certains inédits sont suffisamment bons à nos yeux, ils seront un jour publiés. Mais la plupart de ce qui existe et qui est de bonne qualité l’a déjà été."