Dionysos, comme un petit oiseau

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Si les Ardentes septièmes du nom offraient à leurs ouailles – pas vraiment égarées – un premier jeudi entrecoupé d'ondées et de périodes ensoleillées, côté programmation aussi le ton alternait. Ainsi, la prêtresse punk Patti, aux mains ridées, à la main verte et au regard perché, aura livré une prestation appréciée mais par trop inégale. Heureusement jalonnée de quelques décharges d'électricité. Juste avant elle, sur l'estrade HF6, les filles de Warpaint avaient repris les mots de l'Américaine et son "Because The Night" en guise d'hommage. Madame Smith conclura sur les mêmes notes mais avec plus de maestria, laissant la nuit aux amoureux ardents. Ceux-là s'étaient d'ailleurs sans doute donné rendez-vous devant la grande scène le cœur gros. Prêts à chavirer sous la voix sibylline du ténébreux Morrissey.

Mais avant les années quatre-vingt et le bellâtre anglais, nous cherchions de quoi un peu nous déhancher. Nous allions être servis de fort belle manière avec la venue de Dionysos. Visiblement ravis d'être de retour en bord de Meuse, les Français y ont déroulé un set explosif durant lequel leurs pieds n'ont pas quitté le plancher, assénant autant de tubes d'antan ("Coccinelle", "La Métamorphose de Mister Chat", "Song for Jedi") que des hits remuants de leur récent "Bird'n'Roll". Nouvelles preuves s'il en fallait du génie du fou-chantant Mathias Malzieu et de ses complices de scène en live.

À l'autre bout du Parc Astrid, Morrissey était déjà dans la place. Sur les planches de l'Open Air, l'ancien chantre des Smiths aura livré une prestation sobre d'1h30, balayant autant son répertoire solo que celui, sans fond, de ses anciens équipiers. Dans les premiers rangs, des larmes de fans concourraient à l'humidité ambiante. Pour nous, sans parler de naufrage, le plaisir fut de courte durée. Le temps était donc venu de quitter cette première journée.

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