Musique / Festivals Dès ce lundi, Marin Alsop dirigera les finales. D’autres femmes atteignent aussi le pupitre.

Plus fermé encore que le club des patrons de grandes multinationales ? La corporation des chefs d’orchestre a, très longtemps, semblé réservée aux mâles. Le plafond de verre n’empêchait pas seulement les femmes d’accéder aux pupitres de direction, il semblait même empêcher qu’elles puissent même commencer une telle carrière.

Certaines, pourtant, y sont venues par la bande. Des violonistes d’abord qui, en tant que konzertmeister, arrivent à diriger du violon. Musicalement essentiel pour des orchestres jouant souvent sans chefs, mais symboliquement moins fort : elles ne sont pas debout devant les autres musiciens, mais assises parmi eux. Une des premières était roumaine mais, lauréate du Concours Reine Elisabeth, créa son orchestra en Belgique : Lola Bobesco (1921-2003), fondatrice en 1958 de l’Orchestre de Chambre de Wallonie. Aujourd’hui, on peut évoquer Petra Müllejans (1959), dirigeant du violon le Freiburger Barockorchester dont elle fut cofondatrice en 1987.

Le baroque est à la pointe

Le milieu baroque semble - relativement - plus ouvert à l’idée de voir une femme diriger : la plus célèbre est assurément Emmanuelle Haïm (1962), claveciniste réputée qui, après avoir été l’assistante de William Christie ou Simon Rattle, a fondé en 2000 son ensemble Le concert d’Astrée. Si c’est à sa tête qu’elle se produit le plus souvent, on l’a vue également invitée à diriger The Age of Enlightenment à Glyndebourne, ou des orchestres américains.

Invitée ? Tel est bien le problème des rares femmes qui entrent dans la caste des chefs d’orchestre. Jusqu’il y a peu, elles avaient droit à des postes d’assistante, parfois à des invitations ponctuelles, mais il semblait exclu qu’elles accèdent au poste de directeur musical permanent d’un grand orchestre. Claire Gibault (1945) en fit l’expérience : assistante de John Eliot Gardiner ou de Claudio Abbado, la Française fit une remarquable carrière de chef invité dans nombre de maisons lyriques. Mais les ensembles dont elle fut directrice musicale n’étaient pas de premier plan, et elle finit par poursuivre en politique - notamment comme député européen - son combat pour l’égalité des chances.

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