Musique / Festivals

Félix Mendelssohn, Quatuors opus 44

Quatuor Talich

Nonobstant ses changements de personnel successifs et malgré (ou grâce à ?) la rotation de plusieurs de ses membres, capables de passer d'un pupitre à l'autre à l'instar de son fondateur Jan Talich, premier violon devenu un temps altiste et redevenu premier violon, le Quatuor Talich garde un son et une cohésion qui en font une des grandes pointures parmi les formations du genre.

Les voici dans les trois quatuors de l'opus 44 de Mendelssohn, composés par un musicien de 26 ans qui avait été alors nommé chef du célèbre Gewandhaus de Leipzig: un disque généreux qui frappe avant tout par sa vivacité et son mordant, mais qui sait aussi se faire séducteur là où le texte l'impose. (N.B.)

CD Calliope CAL 9302,1 h. 19 min 50 sec., Harmonia Mundi.

Legendary Wagner Singers of the 1930's

Bockelmann, Lorenz, Reinmar

Plus qu'un pendant allemand du coffret d'EMI «Les introuvables du chant wagnérien», ce coffret de deux CD doit en être considéré comme un prolongement allemand. On y trouvera en effet une photographie sonore de ce qu'était le chant wagnérien dans les théâtres de répertoire allemand des années 30', la plupart des chanteurs figurant ici ayant d'ailleurs été invités à chanter à Bayreuth.

Gravés entre 1929 e 1939, ces enregistrements de MM. Bockelmann, Janssen, Völker, Lorenz ou Roswaenge ainsi que de Mmes Konetzni (Hilde et Anny), Müller, Bindernagel ou Reining sembleront parfois désuets dans le style, mais souvent émouvants et presque toujours intéressants. (N.B.)

2 CD Teldec 8573-83022,2 h. 7 min 12 sec., Warner.

Pauline Viardot, Cendrillon

Nicholas Kok

Soeur cadette de la Malibran, élève de Liszt, amie de Georges Sand ou Clara Schumann et courtisée par Musset ou Tourgeniev, Pauline Viardot fut une cantatrice réputée qui créa Fidès dans «Le Prophète» ou la Alt-Rhapsodie de Brahms. Elle composa également de petites opérettes, dont une «Cendrillon» pour solistes et choeur avec accompagnement de piano.

C'est cette oeuvre de salon que propose le label anglais Opera Rara, réunissant autour du piano de Nicholas Kok Sandrine Piau dans le rôle-titre, Jean-Luc Viala en prince charmant et quelques chanteurs anglais à la diction française perfectible. Une praline d'opéra, dans une réalisation soignée comme de coutume. (N.B.)

CD Opera Rara ORR 212,1 h. 2 min 30 sec., Coda.

Giya Kancheli, Simi, Magnum Ignotum

Rostropovitch, Kakhidze

Compositeur géorgien âgé de 65 ans et établi en Belgique, Giya Kancheli a été deux saisons durant compositeur en résidence à l'Orchestre philharmonique des Flandres. C'est d'ailleurs cet orchestre qui, avec le chef géorgien lui aussi Jansug Kakhidze, a enregistré les deux oeuvres de ce disque: «Simi», concerto pour violoncelle et orchestre confié ici à Mstislav Rostropovitch (qui en est le dédicataire), et «Magnum Ignotum» pour ensemble d'instruments à vent.

Sans facilité mais aussi sans complexité inutile, la musique de Kancheli est de celles qui parlent avec sincérité. Tonale et consonante, elle explore les territoires de la lenteur et du silence avec un beau sens de la poésie. (N.B.)

CD ECM 462 713,50 min 38 sec., Universal.

Anton Bruckner, Symphonie n° 9

Claudio Abbado

Après la Première, la Quatrième et la Cinquième, Claudio Abbado et le Philharmonique de Vienne poursuivent en commun leur cycle des symphonies de Bruckner entrepris voici dix ans déjà. La Neuvième est donnée ici dans la version Nowak, sans le quatrième mouvement complété.

Ni cathédralesque ni purement analytique, la lecture d'Abbado semble se vouloir une sorte de juste milieu entre les approches religieuses ou profanes de la musique de Bruckner. L'option ne convainc pas tout à fait, d'autant que, si certains moments sont superbes, d'autres avec notamment des cuivres frisant la trivialité le sont nettement moins. (N.B.)

CD DG 471 032,1 h. 1 min 21 sec., Universal.

Ludwig van Beethoven, Variations Diabelli

Piotr Anderszewski

Arte diffusera ce mercredi soir un film de Bruno Monsaingeon à qui l'on doit notamment des documents mémorables sur Gould ou Richter consacré à Piotr Anderszewski, jeune pianiste de 32 ans d'ascendance polonaise et hongroise. On l'y verra préparer un enregistrement des «Variations Diabelli» de Beethoven, oeuvre qu'il fréquente depuis longtemps nonobstant son jeune âge.

Il se vérifie dans ce disque que l'approche n'est point banale: par ses silences, par ses partis pris, par ses options déroutantes, parfois à la limite du maniérisme mais jamais gratuites, Anderszewski renouvelle notre regard sur ce monument de la littérature pianistique. (N.B.)

CD Virgin 54468,1 h. 3 min 10 sec., EMI.

© La Libre Belgique 2001