Musique / Festivals

Le prince Bruno Beausir fêtait ses quarante-quatre printemps il y a quelques jours et les sabrait avec un septième album le mois dernier. Cela faisait un bail qu'on n'avait plus eu de nouvelles du Doc. Si ce n'est un petit ascenseur émotionnel entre l'annonce d'une tournée pour les vingt ans de sa plaque ancestrale "Première Consultation" et l'annulation de son escale bruxelloise prévue en décembre dernier à l'AB. Fort marri nous fûmes. Nous qui nous imaginions déjà nous dandinant sourire aux lèvres dans son cabinet, tentant d'atteindre le Nirvana "aussi vite que Senna", enchaînant les "Passement(s) de jambe", faisant la cour à "Vanessa" ou reprenant à gorge déployée le mots justes des "Filles du Moove"


Mais voilà que débarque "1000%" dans les bacs. Une sortie dont nous aurions préféré avoir rêvé. Car on l'a aimé, celui qui fut jadis un des héros du Ministère A.M.E.R., le grand guignol lymphatique enfumé du rap français… Et, même après ses frasques publiques, ses sorties de route médiatiques, ses prises de positions scabreuses et ses drôles d'idylles devenues littéraires (cf. "Le marché des amants" de son ex-compagne Christine Angot), nous étions prêts à apprécier et déterminés à trouver de quoi nous enthousiasmer dans cette nouvelle fournée… Puis on a cherché, persévéré, ré-écouté en vain cette plaque risible à la recherche d'un refrain valable, d'une mélodie qui même brièvement nous aurait enthousiasmé. Rien à retenir de ces 36 minutes et 55 secondes de guitare kitschoune, de poncifs éculés, de bon sentiment, de mots maladroits et de clichés. Les dents les plus dures diront qu'on est face ici au rejeton discographique d'un mauvais Yannick Noah chanté par Corneille. De l'Ordre, le Doc est radié. Ça fait mal mais c'est la réalité.

© D.R.
 > 1CD (Virgin/Universal)
© D.R.