Musique / Festivals

Dimanche, 20h. L'ultime soirée des Ardentes 2017 est amorcée. Et c'est avec des guitares britanniques qu'elle commence à résonner. Le cadet des fragins Oasis est déjà en place sur la grande scène, courbé sur son micro les mains dans le dos et le regard mauvais, comme d'accoutumée.

Derrière lui, se dresse un pupitre de bois blanc estampillé des mots «Rock'n'Roll», et l'on se demande qui a eu cette drôle d'idée. Faut-il désormais clamer de la sorte ce genre d'identité, à l'heure où le jeune public semble tant et plus s'en désintéresser. Le rock est-il devenu un monument, une antiquité ? Liam Gallagher s'est-il transformé en caricature, en statue de Chez Madame Tussaud ?

Autant de questions qui méritent sans doute d'être posées… Car au final, si l'on a par instants apprécié, nous nous sommes promenés au fil de ce concert comme d'aucuns se baladent au musée. Souriant devant certaines pièces qui réveillèrent en nous un brin de nostalgie ("Do You Know What I Mean ?"), se remémorant des souvenirs post-adolescents à l'envi ("Slide Away"), s'amusant de l'éternelle mauvaise humeur de notre hôte et de son inaltérable antipathie... Mais jamais ladite prestation n'a dépassé le stade de l'anecdote ou du concert best-of un peu gentil. La britpop c'est fini ?

Chanson et cotillons

C'est Julien Doré qu'avaient choisi les organisateurs des Ardentes pour animer cette quatrième et dernière soirée. Riche idée s'il en est. Fort d'un quatrième album auréolé de succès et devenu l'un des plus gros poissons de la chanson pop en français, le Niçois collait parfaitement au cadre et à l'assemblée. Pourtant fan de l'homme et de ses notes, nous avions fait un pas de côté à la sortie du petit dernier, et avions été déçus lors de son récent passage à Forest. S'il reste un artiste extrêmement généreux, Doré a perdu en chaleur, en intimité, en finesse et en spontanéité ce qu'il a gagné en termes de mensuration et de popularité. Le public a adoré, mais cette grosse machine à cotillons nous fait de moins en moins d'effet.

© Michel Tonneau

Enfin, c'est DJ Snake qui était chargé de porter l'estocade. Un gros DJ qui tâche à la réputation internationale. Point grand-chose à en dire, si ce n'est que le Français aura plus souvent levé les bras et dansé que touché ses machines et son PC. Et qu'au vu de la fricassée indigeste de beats concassés qu'il a su nous déverser, l'homme a certainement devant lui une reconversion toute tracée comme boucher-charcutier. A l'année prochaine les Ardentes, la fin était un peu râtée, mais on s'est une fois encore beaucoup amusé.