Musique / Festivals

Promouvoir un festival plus organique. C’est ce que Dour proposait plus que jamais cette année, en multipliant les démarches à la main verte et en s'offrant une véritable carte postale écolo 2.0 sur son tout nouveau site installé au pied des éoliennes.

Cette année, les premières foulées furent hésitantes, il faut bien l'avouer… Un peu déboussolé dans ce nouveau terrain de jeu encore inconnu, nous avons mis un temps avant d'arrêter d'être perdu. S'il a fallu prendre nos marques et trouver de nouveaux repères, deux après-midi de déambulations auront suffi à comprendre que seule la forme avait été modifiée mais que le fond/l'âme du Dour Festival demeurait inchangée. D'ailleurs, ladite nouvelle forme possède un certain cachet. Dressant fièrement ses chapitaux dans un jardin de verdure jalonné d'éoliennes, la grand-messe wallone des musiques alternatives a des allures de carte postale… Voire de festival du futur : moderne, vert et indé.

Paie ton vert

Parmi la horde de festivaliers, vous avez peut-être ainsi croisé ce week-end de petites bonhommes verts éparpillés sur le site. Leur nom : les Green Brigades, police de l’environnement. À l’affût du moindre déchet, ces brigades s’organisent en plusieurs factions. La Green Frosch s’occupe des actions propretés. La Green Cross ramasse et trie les déchets. Tandis que les Green Rangers animent des ateliers de sensibilisation sur le camping pour éviter (ou du moins minimiser) le scénario postapocalyptique de toute fin de festival.

Chaque bonne action mérite récompense. Par conséquent, en cette 30e édition, les plus malins d'entre-vous auront fréquenté les Green Corners, où ils purent echanger leurs déchets contre des Greens Coins, une monnaie utilisable au stand Merchandising ou au Camping Shop. Le camping se la jouait d'ailleurs lui aussi alternatif cet été à Dour, doté d'une Charte de propreté et proposant entre autres des Cours de yoga ou des apéros à base de produits régionaux. Enfin, Les bouchons de bouteille furent aussi allègrement récoltés par les organisateurs, et offerts dans la foulée à l’association “Les Amis des Aveugles” pour financer l’achat de chiens guides.

Des kilomètres au compteur, et à l'horizon

Pourtant, l'ordre et la propreté n'ont pas toujours été les atouts majeurs de ces festivités locales. Pas de méprise cependant : de mémoire d'habitués, jamais une épidémie ou une bactérie n'ont décimé le camping dourois, et l'on y a jamais perdu durablement un camarade au fil des années… Par conséquent, si l'anecdote qui suit a peut-être de dégoûter un chouïa, c'est avec une affection paradoxale et une certaine nostalgie que l'on se souvient de ce Dour-là...

Ce devait être à l'été 2007. De plus en plus populaire, la 19e du festival voyait ses allées déborder de monde. Une promiscuité qui, au-delà des soucis d'odeurs corporelles et de torses mouillés, compliqua la mobilité des festivaliers. Et, surtout, eut comme dégât collatéral l'explosion de toilettes installées près du passage étroit obligé qui menait à l'époque de la Last Arena à la BoomBox au coeur du site. Une longue coulée s'était alors formée sur une dizaine de mètres, la terre avait séché sous le cagnard et s'était teinte d'une couleur rouge très vive dès le lendemain, provoquée par l'acidité des liquides inscriminés. Souvenir certes malodorant mais que l'on se rémémore en souriant. D'autant qu'aujourd'hui on n'imagine pas qu'un épisode comme celui-là puisse se reproduire. Bien du chemin a été parcouru…

Au lendemain de sa trentième, le Dour Festival et son équipe peuvent se réjouir d'une transition plus que réussie en cette édition de changements et d'anniversaire. Près de 230 000 festivaliers ont ainsi foulé sa nouvelle plaine (fréquentation cumulée de mercredi à dimanche) cette année et ils étaient plus de 45 000 en moyenne chaque jour. Fiers de ce nouveau site et déterminé à faire durer l'esprit de leur fête musicale estivale favorite.