Musique / Festivals

Nous revoilà en direct de la Plaine de la Machine à Feu. Avec un samedi après-midi qui une fois encore démarrait en trombe.

+ Super Mario

On nous avait dit d'aller voir Mario Batkovic, mais on avait trop vite snobé l'idée. Un accordéoniste bosnien seul en scène, pas de quoi nous exciter sur papier. Mais c'est à cet endroit que le Dour Festival est tellement singulier. Quand il nous prend par surprise pour nous faire sursauter ou nous émerveiller. Samedi, sous la toile du Labo en tout début d'après-midi, c'était accordéon et poésie. A la manière d'un Nihls Frahms repoussant les limites de son piano, Batkovic explore les recoins de ce drôle d'instrument que nous n'avions jamais trouvé sexy. Geoff Barrow, co-fondateur de Portishead ne s'y est pas trompé, c'est lui qui le produit. Dès les premières notes, l'auditeur trouve l'apesanteur. Les mélodies sont belles et se mêlent sans fin. Et l'homme a le sourire, ravi de rencontrer cet auditoire surpris mais séduit. Il s'excuse même de ne pas nous proposer, autour de lui, quelques cordes ou batterie. Nous, ça nous a amplement suffi.

+ Meute, fanfare-techno

C'est l'une des prestations que l'on avait pointée au moment de préparer notre itinéraire au Dour Festival cette année. Cette fois-ci par contre, nous fûmes pas trop mal inspirés. Meute est un brass band basé à Hamburg et composé d'une douzaine de musiciens, jonglant avec les cuivres et les percussions. Jusque là tout va bien, rien de folichon. Cela devient intéressant quand on s'intéresse au répertoire de cette incroyable fanfare. "REJ" du génial duo compatriote Âme, "The Man With The Red Face" du patron Laurent Garnier… Meute joue et instrumente la techno. Et le fait tellement bien qu'on se demande parfois d'où sortent certains sons. Un peu à la manière des Canadiens de BadBadNotGood, mais avec moi de jazz et encore plus d'émulation. On rêve secrètement de voir cette équipe-là déambuler avec les autres fanfares l'an prochain à Couleur Café. Le message est passé ?

+ Jonwayne, en dilettante

Un peu de douceur dans ce monde de brutes. Toutes proportions gardées. Sous sa tignasse, derrière son regard stoïque et ce look de développeur d’antivirus chez IBM se cache l’un des artistes hip hop les plus singuliers et intéressants de sa génération. Loin du bling-bling et des Porsche Cayenne cabriolet, Jonwayne pratique un rap fait de samples et de plume, nourri autant de son amour des rimes d’antan que de sa maîtrise d’une production conjuguée au présent. Dans la Boombox, le Californien a assuré comme tout seule comme un grand. Ralentissant le tempo de ce Dour Festival tonitruant pour poser un rap au groove classieux et, par moment, détonnant.