Dour

Voilà, c'est fini... Cette 29e édition terminait en apothéose dans la nuit de dimanche à lundi. Et c'est des images plein la tête, des notes plein les oreilles, le cœur serré et comme chaque fois un chouia déprimés que nous quittions ce matin nos 242 000 nouveaux amis. Une édition record pour ceux qui aiment les chiffres, où le miracle s'est encore opéré pour ceux qui préfèrent la magie. Des hectolitres de bière, des oreillers de rosé, des pains-boulettes à trois tickets, beaucoup de câlins et des tonnes de sourires ont été partagés ici cinq jours durant. Décidément, le Dour Festival est différent.

Les Anglais c'est toujours un succès

Mais, en plus de cet amour effervescent comme un Dafalgan, il y avait encore de la musique hier soir. Ce fut même l'une des meilleurs soirées à cet égard. Le tandem britannique Sleaford Mods allumait la mèche en premier. Toujours en forme et visiblement lui aussi atteint par les bonnes vibrations ambiantes, Jason Williamson y est même allé de quelques traits d'humour et d'ironie, sans jamais oublier bien sûr de se frapper l'oreille en cadence. Une bonne décharge post punk en frontal, idéale pour sabrer cette cinquième et dernière nuit de festival.

Sur la grande scène, d'autres Anglais enchaînaient dans la foulée. Metronomy et son génial gourou Joseph Mount de retour en terres boraines après six années. Dans l'intervalle, le groupe s'est transformé en une énorme cylindrée. En live, rien ne bouge et tout ça semble parfois un peu propret. Mais les mélodies parfaites de la bande et le groove impeccable du bassiste Olugbenga Adelekan auront su venir nous chercher. On bifurquera ensuite vers d'autres pistes de danse – un peu accidentées, gare au plancher – remuer nos dernières envies aux bons soins de Jon Hopkins, roi des préliminaires et des interminables montées. Avant de retrouver cette Last Arena qu'en cinq jours nous n'aurons jamais autant fréquentée.

Majeur traverse le ciel

Pour PNL d'abord. Au sommet du rap-jeu français (dans l'ombre d'un certain Elie Yaffa quand même, il faut savoir raison garder), Ademo et N.O.S. débarquaient à Dour en patrons. Si l'on connaît et si l'on aime beaucoup les deux albums de la fratrie, leurs concerts n'avaient encore il y a peu pas le moindre intérêt. A part le plaisir non dissimulé de chanter à pleine gorge avec eux nos morceaux préférés. Mais la donne a changé. Vocalement, certes, le live n'a pas beaucoup évolué. Mais désormais fort d'une scénographie stylée, précise, travaillée et esthétisée, le tandem nous a impressionnés. On n'oubliera pas de si tôt ce final où les deux héros furent rejoints sur les planches par toute leur clique, dans un calme solennel empreint de beauté. «Que La Famille», c'est pas du chiqué. PNL et Dour étaient faits pour se rencontrer.

Ne restait plus à Justice qu'à nous achever. Une décennie après leur première visite, le grand Gaspard Augé et le petit Xavier de Rosnay revenaient marcher sur le Dour Festival. Le duo français déployait pour ce faire une impressionnante logistique d'amplis, d'enceintes, de lumières et de croix qu'il aura fallut amener dans la place par dizaines de camions. Une solide organisation qui a du bon. Car le show fut énorme et la Plaine de la Machine à feu en pleine communion.

Le seul défaut du Dour Festival, c'est qu'il n'a lieu qu'une fois par an. On viendra lui faire sa fête pour ses trente ans l'été prochain. Plus que 365 fois dormir avant d'amener les bougies. Dour c'est toujours l'amour... Non, non, non, c'est pas fini...