Dour

Jeudi, on entrait donc dans le vif du sujet. Après une grosse après-midi qui avait commencé très tôt et où l'on avait tangué sous les douces mélodies de Lemon Twigs, sautillé au rythme des morceaux déglinguos de Faire, éprouvé la fougue et l'intensité du petit tonnerre Kate Tempest et mis les bras en l'air pour l'arrivée de Bruxelles, le début de soirée s'ouvrait avec les venues conjointes de Kaaris et Kalash Criminel. Le premier avait offert un énorme show à Dour il y a deux éditions, le second découvrait la maison. Et les deux rappeurs de Sevran, des lieux, ont pris possession, à tour de rôle pour commencer puis, pour conclure, à l'unisson. C'est officiel, le schisme s'est opéré cette année. Pour l'ambiance et l'effervescence, c'est le côté hip hop de la force qu'il faut désormais rallier.

Puis, petit trou en fin d'après-midi. L'occasion de reprendre son souffle avant d'agiter l'os iliaque. Car, à défaut de Solange – malade et remplacé par le dieu du trap d'Atlanta Gucci Mane – , il restait surtout des notes électroniques pour nous tenir éveillés. Des festivals musicaux du plat pays, le Dour est sans doute le dernier qui permet de danser sous les étoiles une fois le jour consumé. Jusque 4h désormais. C'est moins qu'au temps jadis mais c'est néanmoins apprécié. Et nous en avons donc profité. Pas vraiment au son du Vitalic qui prenait alors possession de la Last Arena, ni avec Blanck Mass (récréation solo de Benjamin John Power, moitié de Fuck Buttons) trop bruitiste et décevant... Mais plutôt aux bons soins du Norvégien Todd Terje, "le Roi des jams d'été" qui en mode électro-funky nous a fait groovés, puis du Canado-haïtien Kaytranada dans un jardin house, r'n'b et hip hop à souhait.