Musique / Festivals

Le lancement, vendredi, du Folk Festival de Dranouter s'est déroulé en présence d'une invitée surprise de taille. En effet, dès le début de l'après-midi, la pluie s'est mise à tomber sur le village, situé à une dizaine de kilomètres d'Ypres.

D'abord légère, ce sont ensuite des trombes d'eau qui se sont abattues pendant de longues minutes sur le site. Les champs, qui accueillent le festival, se sont, dès lors, transformés en véritable bourbier, rendant chaque déplacement périlleux. Mais ni la boue ni la pluie n'auront entamé la bonne humeur des festivaliers, jeunes et moins jeunes, venus en masse à cette première journée.

A 18h, le groupe Lunasa ouvre les festivités. Les Irlandais, qui n'en sont pas à leur première prestation à Dranouter, s'en donnent à coeur joie. Mais seuls quelques inconditionnels oseront esquisser un pas de danse au son de la cornemuse. Au même moment, le rock belge est à l'honneur sous la «Palace Tent». Ce sont les Bruxellois de Mud Flow qui ouvrent le bal. Mariant mélodies et morceaux plus soutenus, leur chanteur, Vincent Liben, livre toute son énergie même si le public n'est pas vraiment au rendez-vous.

Sur la scène centrale, par contre, l'ambiance est à la fête. Le Buena Vista Social Club, autour du trompettiste Guajiro Mirabal, ramène le soleil sur Dranouter. La joie se déverse de la scène et le public ne se fait pas prier pour se déhancher sur des rythmes chauds originaires de Cuba. Et quand une femme d'un certain âge, venue interprétée quelques morceaux, esquisse un pas de danse, toute la plaine applaudit et lui offre ainsi la plus belle ovation de ce début de soirée.

La Flandre bien représentée

L'affiche de Dranouter faisait, cette année, la part belle à quelques grands artistes en provenance du nord du pays. Après la pop de Delavega, c'est au tour de Monza d'envahir la «Palace Tent». Le chanteur survolté du groupe de rock flamand donne tout et le public le lui rend bien. Déhanchements et salves d'applaudissements sont au programme. A peine quelques minutes plus tard, vers 21h30, Flip Kowlier entre en scène. Naviguant entre pop et rock, entre joie et mélancolie, l'enfant du pays enflamme la scène principale. La plaine se balance au rythme de la guitare et résonne des refrains repris en choeur par le public.

Surchauffée, la «Kayam Tent» ne désemplit pas et les spectateurs se bousculent pour accueillir la star du jour. Car l'événement de vendredi, c'est la venue de Lou Reed. Accompagné uniquement de son guitariste préféré, Mike Rakhte, l'ex membre du Velvet Underground livre une prestation unique. Dès les premiers accords de «Turn to me», le public est conquis par sa voix grave. Imperturbable, cette légende vivante du rock poursuit en privilégiant les solos de guitare et les morceaux moins connus comme «Rock Minuet» ou encore «The Blue Mask». Mais quand le New-Yorkais se lance dans la récitation de «The Raven», issu de son album éponyme en hommage à Edgar Allan Poe, le public a du mal à suivre. Malgré l'absence de quelques-uns de ses plus grands succès, tels que «Perfect Day» ou «Sweet Jane», les festivaliers sont ravis et c'est sous un tonnerre d'applaudissements que la star s'éclipse aussi vite qu'elle est venue.

Un succès prometteur

Malgrè l'heure tardive, la journée est loin d'être terminée à Dranouter. Peu après minuit, la joyeuse troupe «The Internationals» investit la scène. Pour l'occasion, le grand chapiteau est envahi de cuivres et de percussions. Les festivaliers, nombreux encore au rendez-vous, se trémoussent sur des rythmes qui mêlent musiques du monde et ska.

La nuit est tombée sur Dranouter mais la musique n'a pas fini de résonner dans le Westhoek. La première journée se clôture par une belle réussite... De bon augure pour ce festival qui se sera poursuivi jusqu'à dimanche.

© La Libre Belgique 2005