Musique / Festivals

L'artiste flamand Ozark Henry sort "Us", un 8ème album 100% électro. Il l'a conçu, chez lui, à Coxyde, dans son studio flambant neuf. Visite d'un lieu où la musique en 3D, c'est ici et maintenant.

L’ancien hangar, qui abritait poulets et tracteurs, est méconnaissable. Il a été transformé en un superbe studio d’enregistrement. Celui de Piet Goddaer, alias Ozark Henry. En face du hangar, une ancienne ferme qui, de l’extérieur, ne paie pas de mine. L’artiste flamand s’y est installé avec femme et enfants. Nous sommes à Wulpen, à quelques kilomètres de la mer. Du hangar, il n’a gardé que la structure, pour le reste, deux énormes baies vitrées et des murs extérieurs bardés de bois circonscrivent l’espace. "La plupart des studios que je connais ressemblent à des prisons. Tout est fermé, il n’y a pas de lumière. Il me fallait un espace où je puisse me dire : Je suis content d’être là." On le serait à moins !

A l’intérieur, au centre, un iMac, une demi-douzaine de synthés, des guitares dans leur étui, un piano à queue sous housse et… un vélo de course. "Je ne l’ai pas encore sorti cette année", sourit le musicien.

Si l’on a été invité à rencontrer Ozark Henry dans son antre, c’est avant tout pour expérimenter la musique en 3D, également appelée "son immersif". Après avoir pianoté sur son ordinateur, "Mapped out for me", un extrait de son nouvel album "Us", sort des baffles. "C’est un mix en 9.1, parce que tout ce qui est plus haut, on ne peut pas encore le partager avec le public." Le concert qu’Ozark Henry donnera le 29 avril prochain à l’AB de Bruxelles ne sera donc pas en version 3D - tout simplement parce qu’il faut être équipé techniquement. Il espère pouvoir en proposer un après l’été. Il suggère que l’on se rapproche d’un haut-parleur précis pendant que des huit autres s’échappe également le morceau. Le regard perdu vers l’immense terrain de golf en face, on se laisse immerger. On en ressort épaté. "J’en utilise neuf, mais l’idéal, ce serait seize", précise le chanteur pop flamand. Il est convaincu que de la même façon que l’on est passé du mono au stéréo, on va passer de la stéréo à la musique en 3D. Pour étayer sa démonstration, il utilise la métaphore de la peinture et de la sculpture. "La musique est tout autour de vous. L’idée n’est pas que cela soit plus complexe, mais que l’on sente la richesse." Et cela fonctionne à merveille.