Musique / Festivals

Bossa nova

Joyce, Visions of a Dawn ***

La bossa nova, ce peut être pompant, voir ci-dessous, mais quand s’additionnent une voix pleine de vitalité (Joyce), un percussionniste fou, sorcier des congas et autres berimbau (Nana Vasconcelos) et un bassiste-réalisateur artistique bien nommé (Mauricio Maestro), le résultat ne se fait pas attendre. Ou plutôt si en l’occurrence, puisque cette musique n’est, jusqu’ici, jamais sortie en album. Certes, "Banana" ou "Clareana" devinrent des succès, bien plus tard, au Brésil, confirmant la potentiel de Joyce compositeur. Mais cet enregistrement, réalisé à Paris en 1976, a longtemps gardé ses secrets acid-folk, aujourd’hui dévoilés. Le bonheur de son écoute, lui, est parti pour durer. (DS)

1 CD Far Out 138, Rough Trade.

baroque

J. S. Bach, Jesu, deine Passion Philippe Herreweghe ***

Dans l’Ultratop flamand - classement des meilleures ventes de disques, l’Ultratop est décliné en trois versions, l’une fédérale et les deux autres pour les principales communautés -, le dernier disque de Philippe Herreweghe est monté jusqu’à la 57 e place, performance pas courante pour un classique. Prophète en leur pays, le Gantois et son Collegium Vocale montrent à nouveau leur maîtrise de Bach avec ces quatre cantates composées pour le dimanche d’Estomihi : les BWV 22 et 23 que Bach présenta pour obtenir son engagement à Leipzig, mais aussi les BWV 127 (1725) et 159 (1729). Quatre bons solistes (Mields, White, Kobow et surtout Kooy), et Herreweghe qui insuffle une pulsation sans pareille qui donne sens. (N.B.)

CD Harmonia Mundi. HMC 901998, 1 h 13 min. 47 sec.

piano

Rachmaninov, Gubaidulina, Medtner, Prokofiev, Sonates, Anna Vinnitskaya ***

Pour son premier disque en solo, la première lauréate de la dernière session piano du Concours Reine Elisabeth n’a pas choisi la facilité. Un programme de compositeurs de sa Russie natale, certes, mais avec des œuvres du XXe siècle qui, hormis la septième sonate de Prokofiev (et encore), sortent des sentiers battus : deuxième sonate de Rachmaninov (1931), Chaconne de Sofia Gubaidulina (1962) et sonate "Reminiscenza" de Medtner (1918).Vinnistkaya n’a rien perdu de sa puissance et de son lyrisme, et l’élégance avec laquelle elle se tire de ces pièces redoutables confirme que le jury 2007 avait bien fait le bon choix. (N.B.)

CD Ambroisie AM 177, 1 h 2 min., AMG.

mélodies

Henri Duparc, Mélodies complètes, Michèle Losier, mezzo, Daniel Blumenthal, piano

La mezzo canadienne fut l’un des coups de cœur du dernier Reine Elisabeth (dont elle fut d’ailleurs finaliste), avec, parmi ses titres de gloire, un art de la mélodie confondant. On ne pouvait que se réjouir de la retrouver dans cette intégrale de Duparc, un des plus beaux cycles du genre (lire l’excellent livret du CD). L’approche de Michèle Losier est d’une intelligence et d’un raffinement exceptionnels : beauté de la voix, sens du texte, clarté de la prononciation, justesse, nuances, couleurs, le meilleur serait au rendez-vous si l’ensemble n’était traversé, dans les passages forte ou dramatiques - il n’en manque pas chez Duparc -, par un pénible surcroît de tension. Réserve encore accrue par une prise de son défavorable du piano, beaucoup trop présent, voire bruyant (alors qu’on connaît les affinités de Blumenthal avec ce répertoire). Mais, outre (en dépit de ?) son perfectionnisme, Losier est une artiste habitée : à travers tout, le charme opère. (MDM)

Fuga Libera - 1 CD - 61 min. 44 sec. - FUG 552.

Jazz/bossa

Diana Krall, Quiet Nights *

A bientôt 45 ans et à son onzième album, la musicienne canadienne s’abandonne entièrement à cette "nouvelle vague" qui vint du Brésil dans les années soixante. Pour ce faire, il était naturel que Diana Krall reconvoque Claus Ogerman, déjà aux arrangements de "The Look of Love" (2001) et, qui plus est, compère d’Antonio Carlors Jobim dans les années soixante. Bien. De la bossa, madame Krall-McManus ne retient déjà que la ballade, qu’elle exécute d’une voix proche mais froide, presque glacée. L’orchestre est d’une clarté toute californienne, mais d’un conventionnel presque inimaginable à notre époque, sans avoir pour autant un parfum "vintage" très prisé aujourd’hui. Standards moitiés américains, moitié brésiliens, "Quite Nights" porte trop bien son nom. (DS)

1 CD Verve 798125, Universal.