Feu! Chatterton trace sa route et garde un oeil dans le rétro (CRITIQUE) ***

Colin Gruel (St.) Publié le - Mis à jour le

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Musique / Festivals

"C'est étrange, la nuit tombe comme la pluie", sussure Arthur Téboul en ouverture de ce nouvel album, avec cette voix ténébreuse que la cigarette a sans doute autant forgée que l'expérience. D'entrée, sur "L'Oiseleur", Feu! Chatterton annonce la couleur. Le groupe n'a rien perdu de sa fibre hallucinatoire et de ses collages surréalistes. Comme sur le premier opus, Ici le jour (a tout enseveli), que la critique avait acclamé, la poésie est toujours au cœur de l'esthétique du groupe. A ses côtés, l'autre composante essentielle de Feu ! Chatterton, c'est le rock. Un rock délicieusement rétro et chaleureux, sublimé par la voix du leader et par les sonorités plus électros, assez subtiles pour se marier parfaitement.


La formule habituelle reste inchangée, on y croise des tubes endiablés auxquels La Malinche, cette déclaration d'amour disco aux accents andalous qui avait été leur premier succès, n'a rien à envier. La nouvelle Malinche s'appelle Ginger, du nom de l'extrait révélé en janvier, mais elle s'appelle aussi Grace, ballade résolument rock, qui saura électriser la foule attendue pour la prochaine tournée du groupe.


Du rock suave à la pop plus légère

Mais les poètes parisiens ont décidé de laisser une plus grande place à l'électro, quitte à s'éloigner quelque peu de leur premier album. "Sûr, je reviendrai sur mes pas, oui, mais pas tout de suite", chante encore Arthur Téboul sur Errusel Baled, affirmant cette volonté d'aller voir ailleurs musicalement. Feu ! Chatterton avait déjà surpris avec L'ivresse, titre inhabituellement moderne faisant entendre les échos d'une nuit alcoolisée. Il s'avance davantage vers cette pop éthérée avec Zone Libre, au refrain entraînant et entêtant. Si ce n'est pas exactement là qu'on attendait Feu ! Chatterton, il faut reconnaître que ces morceaux sont très efficaces, et que le groupe n'a rien perdu de sa patte.


Tout juste pourrait-on reprocher à Feu! Chatterton d'avoir moins pris de risques sur cet opus qui regarde toujours vers le passé sans savoir s'il doit le chérir ou l'oublier. C'est cette thématique du souvenir qui traverse l'album, et on y sent aussi qu'elle a traversé la réflexion d'un groupe cherchant à se réinventer sans se trahir, après un premier album radical. Sonorités vintage, chansons longues, variations de rythmes, Ici le jour, enregistré dans les conditions du live, était le temps de l'expérimentation. L'Oiseleur sort moins des sentiers battus, mais laisse le temps en suspend avec des titres très ésotériques comme Tes yeux verts, où la voix d'Arthur se reflète et se répond à l'infini, ou le fantastique Le départ, huit minutes qui referment l'album et donnent toute liberté aux longues plages instrumentales. Le groupe n'a rien perdu de sa superbe, et c'est une excellente nouvelle.

Colin Gruel (St.)

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