Musique / Festivals

Du haut de ses trente-et-un printemps, Florence Welch, la fée rouquine et sa furieuse machine, est devenue en une décennie et trois albums un poids lourd de l'industrie musicale internationale. Une artiste mystérieuse et magnétique, devenu star cryptique jouant à l'envi le rôle de tête d'affiche au menu de messes rock mastodontes, tout en conservant un aura indé et un profil certes mainstream mais assez singulier.

Ce mardi soir, à Londres, l'Anglaise annonçait dans les formes mais avec une certaine discrétion la bonne nouvelle d'un quatrième album, et en déroulait quelques atours et inédits en les murs très chics du Royal Festival Hall (accompagnée de deux claviers, de deux percussionistes et d'une harpe), écrin de notes d'ordinaire classiques situé sur la rive gauche du Thames et partie du complexe de South Bank Center, où deux milliers de privilégiés avaient rendez-vous avec elle ce 8 mai. Ils y retrouvèrentt intacte l'intensité des lives de Florence and the Machine, lévitant presque dans sa robe blanc cassé à volants, flirtant toujours à la limite de la théâtralité sans jamais s'y prendre le pied… Pieds qu'elle avait nus au milieu des pétales de fleurs, toujours un brin à l'ouest... Visiblement heureuse de ce retour, fragile mais souriante, parfois vulnérable ou encore un peu hésitante.

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"High As Hope" fera donc suite au doux-amer "How Big, How Blue, How Beautiful" sorti il y a trois ans, et son arrivée dans vos écoutilles impatientes est prévue pour le 29 juin prochain. D'ici là, les fanatiques de la demoiselle devront patienter au son du premier single baptisé "Hunger", dont le clip léché – signé par le talentueux réalisateur espagnol AG Rojas – était dévoilé cette semaine sur la toile. Un titre où elle est plus intime qu'elle ne l'a sans doute jamais été en chansons. Florence a faim de vertiges et de sensations, nous parle d'amour, de haine, d'obsessions et d'addictions, de ce besoin de remplir l'espace a tout prix et à tout compromis pour se lester d'un peu de cette solitude… La peine/le thème la/le plus universel(le).

Dame Welch a pour la première fois assuré la co-production de ce disque, dont elle a tissé la trame complexe en solitaire, entre son appartement du sud de la City et son studio de Peckham. Avant d'emmener toutes ces chansons au soleil de L.A. s'acoquiner avec quelques copains répondant aux noms de Kamasi Washington, Sampha, Tobias Jesso Jr, Kelsey Lu ou encore Jamie XX (excusez du peu), puis de mixer le tout dans un studio new-yorkais. Il faudra encore patienter un bon mois avant de pouvoir en apprécier les nuances et le résultat. Parmi les titres d'antan ("Dog Days Are Over", "Shake it Out") ont en tout cas surgi mardi quelques séduisantes nouveautés, à l'instar du single "Hunger" – que déjà l'on aimait – , de son épique successeur "Sky Full of Song" ou de celle prénommée "Patricia"…