Foot et groove à Tour&Taxis

P.D.G. Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Il est 20h45, dimanche, et une petite foule est assise devant l’écran géant pour le coup d’envoi de la finale de l’Euro 2012. Quelques dizaines de mètres plus loin, Gogol Bordello finit son concert sur la scène principale. Et ces New-Yorkais savent y faire quand il s’agit de mettre la sauce. Tout est dans leur nom, en fait. Une espèce de cirque ambulant qui met une énergie punk à balancer toutes les musiques qui leur passent par la tête.

Une heure, et deux buts espagnols plus tard, c’est Ben l’Oncle Soul qui prend possession de la "Titan". Et alors qu’on s’attendait à la grosse foule, on doit bien constater qu’il s’agit d’une des têtes d’affiche ayant attiré le moins de monde. Bien sûr, il y avait le foot. Mais, mauvais esprit que nous sommes, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser qu’une partie du public en a peut-être déjà soupé de cette pop gentillette qui se voudrait "soul authentique".

Un peu à l’écart, sous la "Phoenix", le Hypnotic Brass Ensemble vient confirmer notre jugement. S’il veut une leçon de groove, c’est ici que Tonton Ben doit venir la chercher. Les huit frères Cohran sont alignés à front de scène. Dans leurs mains, quatre trompettes, un immense sousa, deux trombones et un tuba. Soutenus par une batterie, ils commencent par délivrer leur musique de brass-band modernisée. Un peu comme si un orchestre de la Nouvelle-Orléans jouait une B.O. blaxploitation. Et très vite, la petite bande se comporte comme un vrai crew hip-hop. Quand ils ne jouent pas de leurs instruments, ils prennent le micro pour rapper ou viennent sur les barrières pour jouer avec la foule. Qualité musicale et ambiance du tonnerre, on a trouvé notre concert du week-end.

Et pour ceux qui ne le sauraient pas encore, une nouvelle preuve que le hip-hop est protéiforme. Y’a qu’à voir Public Enemy qui délivre son rap militant, voire martial, avec beaucoup de conviction et plein de classiques. Un bon moment nostalgique, à l’instar des reprises de Bob Marley que son fils Stephen inclut dans son set. Le genre d’habitude - avoir un fils Marley à l’affiche et donc des reprises du papa - qui contribue au succès de Couleur Café.

A une heure, tout est fini, reste à faire les comptes : deux sold-out (le vendredi et le samedi) à 27 000 spectateurs et un dimanche où la barre des 21 000 entrées a été franchie. Soit 75 000 festivaliers en trois jours dont très peu avaient l’air mécontents. On appelle ça une édition réussie.

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