Musique / Festivals

Elles sont nombreuses, les stars du ballon rond, à avoir poussé la chansonnette pendant ou après leur carrière footballistique. Mais presque toujours, l'échec a été cuisant. Morceaux choisis de dix de ces virtuoses de la baballe qui chantent comme un pied.


Pascal Olmeta "Tape dans un ballon" (1994)

Gardien de but français de l'Olympique de Marseille au début des années 90.

Mi-rap mi-n'importe quoi, cet hymne à la rédemption par le foot est interprété par un Pascal Olmeta qui mouille (littéralement) le maillot pendant cette prestation. Maîtrise très moyenne de l'art du playback et de la danse.




Gerd Müller "Dann Macht es Bumm" (1969)

Superstar du Bayern de Munich dans les années 60 et 70, attaquant brillant, auteur de centaines de buts en club et en équipe nationale allemande.

Groβe Katastrophe musicale que cette carnavalerie teutonne toute en finesse qu'on a confiée à ce pauvre Gerd. Qui chante assez faux en plus.




Johan Cruyff "Oei Oei Oei (Dat Was Me Weer Een Loei)" (1969)

Attaquant néerlandais des années 60-70 à l'Ajax d'Amsterdam et au Barça, triple Ballon d'or, légende du football décédée en 2016,

Décidément, 69, année pas du tout érotique puisque c'est une chanson oompa assez similaire à celle de Gerd Müller que le tout jeune Johan Cruyff massacre allègrement dans un gros néerlandais qui tache.




Joël Bats "Soli Solitude" (1986)

Gardien de but de Sochaux, Auxerre, du PSG et de l'équipe nationale française dans les années 80.

Joël Bats écrit des poèmes qui ont été mis en musique. Celui-ci est déprimant et même assez inquiétant : Joël s'est écrit une lettre à lui-même ; il s'invite à boire un verre pour oublier sa défaite footballistique mais il refuse. Vous avez dit schizophrène ?




Jean-Marie Pfaff "Denk Je Vaak Aan Mij" (1979)

Mythique keeper à bouclettes péroxydées de l'équipe nationale belge et du Bayern. Faut-il encore le présenter ?

Notre Zean-Marie national, dont le talent de footballeur n'avait d'égal que son arrogance en dehors et sur le terrain, a poussé la chansonnette à quelques reprises. Pour notre plus grand malheur... Voici du disco flamoutch de la plus belle eau, relevé par la prestation vocale au top du futur meilleur gardien de la Coupe du monde 86.




Franz Beckenbauer "Gute Freunde Kann Niemand Trennen" (1966)

Der Kaiser, un des plus grands noms du football de tous les temps, pilier du Bayern de Munich de 1964 à 1977, capitaine de la Mannschaft, multi-titré et primé (deux fois Ballon d'or, trophées et récompenses personnelles à la pelle). A fait gagner à son pays la Coupe du monde de 1974 en tant que joueur et celle de 1990 comme entraîneur.

Avec un tel palmarès, on lui pardonne volontiers cette cornichonnerie musicale de jeunesse, mollassonne rengaine sur la camaraderie qu'il chante avec un délicieux accent bavarois.

Luis Fernandez "Luis Attaque" (2004)

Milieu de terrain français du PSG dont il deviendra l'entraîneur, 60 fois sélectionné chez les Bleus entre 1982 et 1992.

Que des rimes en "o". C'est plus facile que celles en "ibre"... Est-ce un hommage à la série "Le Prisonnier" ("J'suis pas un numéro") ? C'est en tout cas d'une ringardise telle qu'on croit le morceau écrit 15 ans plus tôt. 3 minutes 30 qui paraissent durer des heures.




Chris Waddle & Basile Boli "You've Got A Feeling" (1991)

Ailier anglais et défenseur français qui ont joué ensemble à l'Olympique de Marseille au début des années 90.

L'Anglais (aux différentes coupes de cheveux, comment dire... Il n'y a plus de mots) et le Français, collègues et potes, ont avoué des années plus tard au sujet de ce disque : " On avait bu trop de bières, du coup, on chantait n'importe quoi " (lors de l'enregistrement) . On les croit.




Enzo Scifo "Gagné d'avance" (1985)

Star du football belge des années 80 qui fit la gloire d'Anderlecht, 84 caps chez les Diables rouges, élu meilleur jeune joueur de la Coupe du monde 86 à Mexico, dont il fut l'un des héros belges.

Avec un accent louviérois prononcé et un sens de la musicalité fort peu aigu, non Enzo, une carrière dans la chanson, c'était pas gagné d'avance. "Je prends le vent dans la figure mais ça ne dérange même pas ma coiffure" : était-il sponsorisé par la laque Elnett ? Pour des raisons de droits d'auteur (et peut-être bien aussi parce que Enzo a honte), la chanson n'est plus disponible sur Internet mais on en a quand même retrouvé un bout.




Jean-Pierre François "Première main" (1991)

Attaquant français, notamment à Saint-Etienne, à la mini carrière footballistique pro (6 ans).

Mais à la maxi nuque longue ! Rarissime exemple d'une reconversion réussie (quoique éphémère) dans la chanson avec l’inénarrable méga hit "Je te survivrai". Voici plutôt cette perle plus méconnue, ode virile à la bagnole (ou bien y a-t-il un double sens ?), honteux plagiat de "The Best" de Tina Turner (avec aussi les wou wou de "Miss You" des Stones) qui n'a pas su trouver son public. On adore le déhanché sexy, le marcel Emporio Armani trèèès échancré, la mâle prestance de Jean-Pierre et la plaque d'immatriculation en carton de la voiture de sport à l'avant-plan.