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L'administration pénitentiaire a ouvert une enquête après la diffusion d'images du rappeur Kaaris dans la prison de Fresnes où il a été écroué après une rixe avec son rival Booba à l'aéroport parisien d'Orly, a-t-elle indiqué samedi. 

Plusieurs médias ont relayé samedi des photos et vidéos circulant sur les réseaux sociaux: on y voit le rappeur faire les cent pas dans une cour de la prison, au sud de Paris, un selfie avec la star pris par un autre détenu et même une capture d'écran de sa fiche de détenu provenant d'un logiciel de l'administration pénitentiaire.

 

Ce dernier document comprend des informations sur le détenu, notamment son solde de cantine (argent provisionné en prison), qui n'ont pas vocation à circuler, a-t-on souligné à la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP). "Une enquête interne a été ouverte et le parquet saisi", a-t-on précisé. "La cellule (de Kaaris) a été fouillée vendredi soir et un téléphone portable saisi", a-t-on ajouté.

De source syndicale à Fresnes, un téléphone a également été saisi dans la cellule du détenu auteur du selfie.

Pour les syndicats, cette nouvelle fuite n'a rien d'exceptionnel. A Fresnes, les portables sont "une plaie", a expliqué à l'AFP Cédric Boyer, du syndicat Force ouvrière: les appareils, de plus en plus petits et indétectables, "entrent par projection (par dessus les murs), par les parloirs".

En 2016, plus de 33.000 téléphones mobiles ont été saisis dans les prisons françaises, qui comptaient alors autour de 68.000 détenus, selon la DAP.

Les syndicats réclament un "brouillage effectif" des téléphones et une plus grande latitude dans l'organisation des fouilles des détenus.

En début d'année, la ministre de la Justice a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 15 millions d'euros pour "garantir un brouillage effectif" et l'installation de 50.000 téléphones fixes en cellule, pour ne pas couper les détenus de leurs proches.

Les frères ennemis du rap français Booba et Kaaris et leurs clans s'étaient violemment affrontés le 1er août dernier à l'aéroport d'Orly, sous les yeux de passagers. Incarcérés, ils seront jugés pour violences aggravées le 6 septembre. Ils risquent jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros d'amende.