Francofolies de Spa

De scène en scène sous le soleil...

Pour ce quatrième jour des Francofolies de Spa, sous un beau soleil qui ralentit le rythme des festivaliers, place à une petite promenade-reportage de scène en scène, de public en public et d'ambiance en ambiance.

Comme chaque début de journée à Spa, il faut attendre le milieu de l'après-midi pour réellement voir un peu de vie s'installer dans la ville. Vers 13 h, quelques animations ravissent les impatients, mais les têtes d'affiche (Patrick Bruel est le grand attendu de ce soir), ce n'est pas pour tout de suite...

Il suffit, en réalité, d'un brin de curiosité pour découvrir de jeunes talents prometteurs sur les « scènes-où-on-n'a-pas-l'habitude-d'aller ». Autrement dit, ces petites ou moyennes scènes situées aux quatre coins du centre-ville et sur lesquelles des artistes émergents tentent leur chance. Pour l'heure, la jolie découverte du début d'après-midi, c'est « Chicos y Mendez », quatre jeunes qui définissent leur style comme de la musique alterlatino. Et leur recette fonctionne assez bien: de la bonne humeur, une jolie spontanéité, des paroles engagées et un rythme dansant. Le chanteur, David Méndez Yépez parvient à emmener son public pourtant clairsemé dans son Pérou natal, la météo caniculaire aidant, certes. Coup de cœur à souligner pour une reprise en espagnol de « La mauvaise réputation » de Georges Brassens, en guise de clin d'œil à la langue française en fête à ces Francofolies. Pour le reste, il chante sa multiple identité avec brio, tout en faisant danser et chanter la foule avec sa musique festive.

A quelques centaines de mètres de là, certains noms d'artistes un peu plus connus commencent à prendre le contrôle du Village Francofou. C'est le cas d'Antoine Chance qui, à 15 h, débarque sur scène en remerciant maintes et maintes fois son public. La sauce prend dans la fosse, avec quelques trentenaires qui connaissent les paroles du « fils d'un célèbre illustrateur belge » et l'accompagnent dans ses chansons. Le reste du public suit néanmoins lorsqu'il entonne « Fou », un de ses derniers titres.

Ce samedi, ceux qui voulaient rire un bon coup avaient noté une scène et une heure dans leur agenda: la scène Proximus, à 16 heures tapantes. Les OVNI tant appréciés de la musique belge étaient bien au rendez-vous pour une bonne tranche de rire. Bien qu'il ne faudrait plus les citer, STTELLLA a installé une excellente ambiance dans le Village, avec des costumes et des titres qui prouvent bien que... le ridicule ne tue pas ! A chaque intervention de Jean-Luc Fonck, la foule, qui a constamment un sourire jusqu'aux oreilles, rit aux éclats. Il faut dire que l'humour absurde et la dérision plaisent. Petit passage pour le plaisir: « Il ne pleut jamais dans les aquariums. C'est pour ça que les poissons n'ont pas de k-way, et les baleines, pas de parapluie ».Comme quoi, il n'y a rien de tel qu'un spectacle haut en belgitude, en plein cœur des Francofolies.

L'après-midi se poursuit dans une effervescence incroyable dans les rues de Spa. Le responsable de tout ce grabuge n'est pas le soleil, mais bien Patrick Bruel. L'homme a ses fans et ses fans ne rateraient sous aucun prétexte le passage du chanteur. Ce qui a valu à certain(e)s, quelques heures d'attente.

Mais trêve d'idolâtrie, les concerts continuent. Au Village Francofou, un public jeune, - voire très jeune -, attend que quatre garçons montent sur scène. Les BB Brunes aussi étaient très attendus ce samedi et le cocktail proposé fait rapidement effet auprès des nombreux adolescents présents. Lorsque le groupe enchaîne avec le tube « Dis-moi », c'est au tour des parents de se joindre à leurs cadets pour chanter en chœur et se déhancher sur ces quelques notes rock.

L'heure (21h45) approchant, une grande partie des festivaliers, - plus âgés que le concert précédent-, se dirigent vers la scène Pierre Rapsat. Plus encore qu'hier avec M, la place grouille de monde. Tous attendent « Patriiick » qui arrivera une trentaine de minutes en retard. En même temps, il débute son concert avec « La Place des grands hommes » où il donne rendez-vous dans 10 ans à son public. Le voilà excusé. Le concert est de qualité. On en oublierait presque qu'on est à un festival, tant les jeux de lumières et les vidéos encadrent minutieusement le show. Tantôt Patrick Bruel chante ses nouveautés plutôt rocks, tantôt il reprend ses classiques (qu'il adapte parfois, comme « Alors regarde » à la sauce hip-hop). A plusieurs reprises, le chanteur tend le micro vers son public. Il sait qu'il peut lui faire confiance. Et pour cause, celui-ci enchaîne les paroles avec une spontanéité déconcertante. Dans le public, à un certain moment, on entend dire de Bruel: « il est quand même impressionnant ce mec ! ». C'est vrai, Patrick Bruel assure et convainc sans peine, émeut même. Et pour continuer dans ce sens, il s'arrête de temps en temps devant les spectateurs, lance quelques petits sourires de satisfaction et laisse le silence se rompre par les applaudissements et les cris de la foule. Avec Yelle entre autres, ceux-ci se feront encore entendre jusqu'à la fin de la soirée.

(Crédit Photo: Alexis Haulot)