Giltburg revisite la musique russe

Nicolas Blanmont Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals L’ancien gagnant du Reine Elisabeth revient à Bruxelles pour une série de quatre concerts.

En 2013, après avoir remporté à 28 ans le Concours Reine Elisabeth, Boris Giltburg promettait à "La Libre" que cette compétition serait la dernière à laquelle il prendrait part. Quatre ans plus tard, à la veille du premier des quatre concerts qu’il donnera à Bruxelles, le pianiste israélien confirme qu’il a tenu parole : "Ç’aurait été une erreur d’aller vers d’autres concours : le Reine Elisabeth est parmi les plus importants au monde, il n’est pas possible d’aller plus haut. Et puis, le but principal quand on se présente à un concours, c’est d’arrêter les concours, pour jouer devant un public normal dans une atmosphère de concert normal. Le Reine Elisabeth a changé ma vie : je donne maintenant environ 80 concerts par saison et, que ce soit dans les scènes, les festivals ou les orchestres, j’ai pu atteindre une catégorie supérieure."

Du Rach 3 au Rach 2

Après avoir triomphé à Bruxelles avec le troisième concerto de Rachmaninov, Giltburg vient d’enregistrer le deuxième : "Ces deux concertos datent de la même période centrale du compositeur : ils sont donc différents, mais pas très différents. Le deuxième est plus émotionnel dès les premières notes, il vous enveloppe quand vous le jouez mais il a un côté plus anecdotique, surtout dans le premier mouvement. Le troisième concerto permet un certain recul : sa structure est géniale, et il contient vraiment des histoires à raconter. Le deuxième offre aussi plus de possibilités de collaboration avec l’orchestre, c’est parfois de la véritable musique de chambre."

La Révolution russe

Le répertoire russe reste au centre de ses préoccupations puisque, pour la série "Portrait" que lui consacre Bozar, il a choisi d’explorer ses relations avec la Révolution de 1917 : "J’essaie de donner une idée de la diversité de la musique russe. Dans le récital de ce dimanche, j’ai choisi des œuvres d’avant la révolution - ‘Petrouchka’ de Stravinsky et la cinquième sonate de Scriabine - mais aussi d’autres qui lui sont postérieures : les ‘Variations Corelli’ de Rachmaninov - qui a quitté la Russie deux mois après la Révolution - une sonate de Medtner qui reste peu connu, et une transcription que j’ai réalisée du huitième quatuor de Chostakovitch. Chostakovitch est un de mes musiciens favoris, qui a été profondément influencé par le régime dans lequel il a vécu mais qui a réussi à continuer à créer malgré les vicissitudes qu’il a connues. Il sera au centre de mes quatre concerts."


Nicolas Blanmont

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