Girls in Hawaii, Dour et Ferrières

SOPHIE LEBRUN Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Leur dernière apparition sur une scène belge remonte à juin 2005, au Verdur Rock; leurs derniers concerts à l'étranger à juin 2006, en Scandinavie. En 2004, ils ont écumé les plus belles salles et de prestigieux festivals. Leur premier album, lui, date déjà de novembre 2003. "From here to there" s'est vendu à 60 000 exemplaires dont 18 000 en Belgique et 27 000 en France. Autant dire que les Girls in Hawaii sont attendus de pied ferme, ce samedi à Dour (un concert qui s'annonce bien enlevé, cf. ci-dessous). Après plusieurs reports, le second opus, produit par Jean Lamoot (Noir Désir, Bashung, Raphaël...), paraîtra et sera présenté au Cirque Royal en février 2008. Soit cinq ans après la sortie du maxi "Found in the ground" qui avait amorcé la rapide ascension des Brabançons.

Un long délai qui s'explique en partie par la tournée marathon du groupe qui a connu diverses prolongations internationales. Mais aussi, revers d'un succès fulgurant à l'échelle belge, par les doutes qui ont tenaillé les "Girls", en particulier ses leaders Antoine Wielemans et Lionel Vancauwenberghe. On repense à la petite phrase du premier album : "Being sure of yourself means you're a fool (J. Holzer)"... "Le deuxième album n'a pas coulé de source. On s'est remis à travailler assez vite, tous les deux, mais il a fallu du temps pour se retrouver, et retrouver le plaisir d'écrire. On a fait beaucoup d'essais avant d'arriver à quelque chose. En fait, on a tourné trop longtemps, on était essoufflés, à bout" analyse le tandem, en répétition au Botanique à Bruxelles, à J-3. "Ces 12 chansons qu'on chantait tous les soirs, je ne pouvais plus les entendre !" se souvient Antoine. "Et le statut d'auteur-compositeur à temps plein n'est pas évident à organiser : quand l'inspiration te vient un jour par semaine... On culpabilisait de ne pas avancer. Car on mesurait la chance qu'on avait de pouvoir faire ça...".

Ils ont donc tiré quelques leçons. "Mieux vaut prendre une pause d'un an, ne pas s'isoler en permanence dans la musique". "Il faut qu'elle reste un jeu : on perd cette dimension quand on s'acharne" poursuit Lionel. Quoi qu'il en soit, ce fut "une belle expérience, qui a soudé le groupe". La composition de Girls in Hawaii, six sur scène et un septième pour l'aspect visuel, demeure inchangée. L'option musicale prise pour le no "Il y a des chansons plus complexes, au niveau des arrangements, etc". "On veut apporter du changement, sans totalement casser notre style". Difficile de parler avec précision d'un album dont seule une moitié est enregistrée à ce jour, mais le tandem esquisse de grandes lignes, que confirment les pépites entendues en répétition. "Un album parfois plus sombre, plus rock, pensé pour la scène". "Moins évident, moins pop-songs classiques, plus aventureux, ouvert sur des horizons larges, prolonge Lionel. Côté textes, ça parle pas mal de quête...".

Retour à la terre

Les Girls in Hawaii n'ont pas choisi Dour au hasard, pour leur retour. "C'est le premier festival où on a joué, en 2002. Et il y a trois ans, c'était assez énorme, l'ambiance et le rapport avec le public...". "On reste un groupe alternatif, même si on n'a plus toujours cette image en Belgique" ajoute Antoine. In fine, ils ont aussi décidé de fouler un autre pré musical, nettement plus modeste mais non moins chaleureux, à Ferrières, aux portes de l'Ardenne : le Bucolique Festival. Il fait la part belle aux artistes belges, à l'image des concerts qu'organise toute l'année l'ASBL Bucolique, formée d'anciens de la maison des jeunes locale. "On aime bien ces gens, l'accueil, on leur avait dit qu'on voulait rejouer là. C'est génial que ce truc existe dans un petit village.

Comme pour le premier opus, c'est dans la campagne wallonne également que le groupe aime enregistrer. "On loue de vieilles maisons, où rien n'est droit, avec de vieux planchers, une acoustique particulière. C'est toujours gai de se dire que c'est la première fois qu'un groupe joue dans ce lieu !"

Les "Girls" sont, de fait, plutôt du genre "nature" - dans tous les sens du terme. "J'aimerais, dans l'immédiat, terminer l'album et puis partir trois semaines en vacances à Ushuaïa, où habite un ami. Là, on est perdu au bout du monde" lance Antoine. Histoire sans doute de charger les batteries avant 2008, année qui s'annonce bien remplie. Mais le groupe a bien l'intention de "s'arrêter de jouer à temps, quand on pensera qu'on a fait le tour".

SOPHIE LEBRUN

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