Musique / Festivals

La cérémonie a globalement montré une multiplication d'interventions politiques, notamment en rapport avec la question du harcèlement sexuel et de l'égalité entre les sexes, en écho aux mouvements #MeToo et Time's Up. La chanteuse et actrice Janelle Monae y a consacré un vibrant monologue. "A ceux qui voudraient essayer de nous faire taire, nous offrons deux mots: 'c'est fini'.


Fini les inégalités de rémunérations, la discrimination, le harcèlement sous toutes ses formes, et les abus de pouvoir", a-t-elle déclaré en présentant une prestation de Kesha qui, avec sa chanson "Praying", a rappelé sa bataille contre un producteur qu'elle accuse de l'avoir violée.

Camila Cabello a quant à elle rendu hommage aux Dreamers, les bénéficiaires du programme Daca qui sont actuellement au cœur d'une bataille politique entre républicains et démocrates.


De nombreux invités, de Lady Gaga à Sting, en passant par Khalid ou Cindy Lauper, étaient arrivés à la cérémonie en arborant des roses blanches en écho aux mouvements #MeToo et Time's Up à Hollywood, à l'appel tardif d'un groupe de musiciennes.

Lors de son passage sur scène, Lady Gaga a ensuite rendu hommage à Time's Up, contre le harcèlement sexuel et pour l'égalité entre hommes et femmes, avant que la chanteuse et actrice Janelle Monae y revienne lors d'un vibrant monologue.

"A ceux qui voudraient essayer de nous faire taire, nous offrons deux mots: "c'est fini". Fini les inégalités de rémunérations, la discrimination, le harcèlement sous toutes ses formes, et les abus de pouvoir", a déclaré la chanteuse en présentant une prestation de la Kesha qui, avec sa chanson "Praying", a rappelé sa bataille contre un producteur qu'elle accuse de l'avoir violée.

Autre salve politique, le présentateur de la retransmission, James Corden, a fait lire à des chanteurs mais aussi à Hillary Clinton, dans un caméo remarqué, des passages du livre polémique "Fire and Fury", qui brosse un tableau apocalyptique de la première année de l'administration Trump à la Maison Blanche.


Une chanson satirique sur Poutine

La chanson satirique "Putin" de l'auteur, compositeur et interprète américain Randy Newman, consacrée au président russe Vladimir Poutine, a été récompensée dimanche par un Grammy Award.


Le morceau se veut un hymne ironique à la gloire du dirigeant russe qui brigue actuellement un quatrième mandat, qui en cas de victoire le maintiendrait au pouvoir jusqu'en 2024.

"Vous dites que Poutine prend la grosse tête", chante Randy Newman, âgé de 74 ans. "Sa tête est très bien."

"Il peut faire tourner un réacteur nucléaire avec l'hémisphère gauche de son cerveau", clame l'artiste américain. "Quand il retire sa chemise, il rend les femmes folles. Quand il retire sa chemise, il me donne envie d'être une femme."

En fin de chanson, des femmes choristes prennent le relais, censées représenter la voix du peuple russe.

"Vous allez nous mener à la terre promise", lui disent-elles. "Vous avez raison, nom de Dieu", réplique-t-il, "car je suis le +Putin Man+"

"Le truc étrange, c'est que la chanson que j'ai fini par écrire n'est même pas si dure pour lui, bien qu'il soit quelqu'un d'horrible", avait déclaré Randy Newman lors d'un entretien au site Vulture en juillet 2017.

La chanson satirique, "c'est dur", avait-il dit. "Je ne sais pas pourquoi j'en fais. L'écriture de chanson n'est pas un véhicule très utilisé pour faire rire."

Compositeur et auteur de talent, déjà récompensé à six reprises aux Grammys et deux fois aux Oscars, Randy Newman a écrit des chansons plus classiques, notamment "I Love L.A." ou l'un des morceaux du film "Toy Story", "You've Got a Friend in Me".

Mais il est tout aussi connu pour ses titres satiriques comme "Sail Away", qui met en scène un marchand d'esclaves s'efforçant de donner aux esclaves potentiels la tentation du départ et de l'aventure.