Musique / Festivals

Dans la famille Higelin, on demande le fils... En voilà un qui, au fil des années, a su imposer sa gueule cassée à l'horizon pour finalement devenir familier. Un visage donc, celui d'un artiste au talent et au capital sympathie proportionnels à l'amplitude de ses grandes oreilles, mais surtout une voix, plus singulière encore, qui nous conte fleurette en notes depuis plus de deux décennies déjà. Tout cela ne nous rajeunit pas. Pas plus d'ailleurs que l'annonce l'an dernier de la sortie du huitième album du natif de la ville-lumière, dont il emmènera les mélodies et les mots sur les routes françaises et belges jusqu'à l'année nouvelle.

Comme pour brouiller les pistes et conduire plus avant cette carrière musicale aux trajectoires sinusoïdales, sur "Baba Love ", l'auteur-compositeur se plait à emprunter des détours inhabituels. Après avoir exploré les rythmiques jazz, les orchestrations à cordes, les sons électroniques ou une chanson française pianotée, Arthur H revient cette fois-ci avec des envies de claviers et une toute nouvelle équipe de musiciens, du jeune Joseph Chedid à la guitare à une section rythmique infernale menée à la baguette par Aymeric Westrich et Alexander Angelov (des groupes Aufgang et Cassius, ndlR.) en passant par Vincent Taurelle, entre autre pianiste du groupe Air.

On y croise également quelques invités de marque comme Jean-Louis Trintignant, qu’on ne présente plus, ou encore Saul Williams, rappeur-slammeur-chanteur et poète américain considéré comme une figure de proue de la culture hip-hop d'Oncle Sam. Une ode à l’amour, en rythmes suaves, en sons soyeux et en déhanchés groovy, traversée de la poésie surréaliste de ce troubadour moderne.

Un artiste engagé aussi, qui signait dernièrement "L'Or noir" en tandem avec Nicolas Repac (à la guitare et au balafon) dans le cadre de la collection Poética Musika, initiative de la maison de disques Naïve dont le but est de présenter des grands textes du XXe siècle appuyés par une orchestration originale. Un projet où les deux hommes conjuguent musique et poésie pour redonner vie, cette fois, aux textes de la négritude, d'Aimé Césaire à Edouard Glissant, en passant par René Depestre, Georges Desportes, Gilbert Gratiant, Dany Laferrière et bien d'autres. Un grand monsieur ce Arthur H, à découvrir ou redécouvrir d'urgence sur les scènes d'Arlon, Woluwe et La Louvière cet automne.

En concert, le 26 octobre à la Maison de la Culture d’Arlon, le 27 octobre au Centre Culturel de Woluwe-St-Pierre et le 9 novembre au Festival "Si ça vous chante" à La Louvière. Infos: http://www.arthurh.net