Musique / Festivals

Ce lundi, et jusqu'au dimanche 27 août prochain, s'ouvre la seconde édition du Hide & Seek Festival. Loin des grosses cylindrées estivalières du plat pays, l'événement joue la carte de la découverte métissée – à l'instar de ses instigateurs Muziekpublique – mais aussi de l'itinérance, investissant tout au long de la semaine des lieux jolis et/ou inédits de notre capitale.

Suivez le guide...

L'occasion de s'interroger d'abord sur la manière dont travaille l'asbl en termes de programmation, et de savoir d'où celle-ci a eu vent des découvertes souvent pointues et méconnues qu'elle nous vend (à prix d'ami ceci étant). Pour ce faire, Crammed Discs, label bruxellois émérite, a toujours pu s'appuyer sur l'expérience de Marc Hollander et les pérégrinations musicales de Vincent Kenis au Congo et en Afrique centrale. Une officine comme VampiSoul, géniale maison de disques espagnole spécialisée dans la découverte musicale par genre, région et époque, s'appuie quant à elle sur le travail de véritables détectives de notes, bourlinguant en Amérique latine pour élaborer des compilations et déterrer des pépites...

Muziekpublique, elle, peut compter sur le goût très sûr et le réseau – essentiellement bruxellois et belge – de Peter Van Rompaey, l'homme qui lançait l'asbl il y a quinze ans et qui en dessine depuis les contours. "Il est toujours là, à chaque concert qu'on organise", confie Morgane Mathieu, autre membre passionnée d'une équipe dont cette flamme semble être le ciment. "Il est spécialisé en musique traditionnelle surtout… Des musiciens qui utilisent des techniques de chant très anciennes et propres à une région précise du monde. Qui utilisent de très vieux instruments aussi, inédits ou de fabrication artisanale… Nous apprécions aussi que des artistes chantent dans leur langue d'origine. Là où des festivals comme Couleur Café ou Esperanzah vont également dérouler une programmation dite world music, avec des groupes plus modernes et de la musique fortement amplifiée, Muziekpublique va plutôt convier des projets acoustiques et des notes ancestrales." Parfois festif ou plus souvent intimiste, mais toujours ancré dans la tradition et l'héritage culturel.

Ecrin de notes

La singularité du festival Hide & Seek est, comme son nom l'indique à ceux qui parlent la langue britannique (vecteur universel, dont l'emploi prend tout son sens dans le chef d'une asbl qui entend s'adresser aux citoyens du monde), le côté secret, caché ou à tout le moins méconnu des lieux qu'il investit. "On recherche des bâtiments qui font partie du patrimoine, des endroits anciens, chargés d'histoire, et où il n'y a pas a priori de programmation musicale ou théâtrale. L'idée étant d'ouvrir ces lieux, qu'on choisit en amont et qui sont ensuite attribués à tel ou tel concert." Une recherche qui se fait en interne, des contacts pris, des demandes formulées et un choix qui s'opère en fonction des réponses obtenues mais aussi de la faisabilité logistique et de la qualité acoustique.

Hôtes de choix

Cette année, le public privilégié du Hide & Seek (puisque les jauges oscillent entre une cinquantaine et deux-cent spectateurs par soirées) aura ainsi l'occasion de découvrir la vielle à roue moderne du cador Valentin Clastrier dans la champignonnière des Caves de Cureghem (23/8), les rythmes klezmer de la fanfare Nihil Obstat à bord d'un tram de la STIB (22/8), les expérimentations sonores de l'Ukrainienne Mariana Sadovska au cœur de l'atelier de moulage du Cinquantenaire (24/8), ou encore le duo Akutuk et cette intrigante technique camerounaise de percussions sur l'eau des Bains de Bruxelles (21/8). Des artistes parfois émergeant mais déjà établis dans leur communauté la plupart du temps, dont Muziekpublique entend provoquer la découverte ou du moins faire résonner les noms et élargir l'audience.

Il y aura aussi le concert de Refugees for Refugees, ce mercredi au Petit-Château (centre d'accueil Fedasil), un projet porté de longue date par Muziekpublique. Vendredi matin, vous aurez l'occasion d'admirer le lever du soleil en mode recueilli au son de la sitar du musicien indien Hindol Deb, puis d'assister au coucher du même astre le soir venu, en dansant au son de la clique belgo-brésilienne Anavantou, sur le toit à la vue imprenable du COOP (pôle économique et culturel d’Anderlecht). Enfin, citons encore la venue de l'étonnant personnage qu'est André Minvielle, de passage à Schaerbeek ce samedi 26 août. Un scateur français bien connu des circuits jazz, qui fera résonner en les murs du gymnase de l’athénée Fernand Blum (dessinés par l’architecte Henri Jacobs au début du 20e siècle) les dialectes de son Hexagone, armé de sa fameuse bouteille électrique et d'une voix qu'il maîtrise à la perfection nous dit-on.

Quinze bougies

2017 marque quinze ans d'activités pour Muziekpublique. L'occasion "de remettre en avant les deux autres axes d'activité de l'asbl", que sont la formation via son académie où quarante cours de musiques du monde sont dispensés tout au long de l'année, et la création/production via son label dont la neuvième sortie est imminente. Il s'agira de Tamala, trio sénégalais et coup de cœur de l'édition première de Hide & Seek l'été dernier. Si aucune date n'est encore arrêtée, des soirées (avec les artistes dudit label, les professeurs de l'académie, etc.) et une exposition seront organisées, entre autres surprises. Histoire de célébrer en bonne et due forme cet anniversaire.

> Infos et réservations : www.muziekpublique.be