Musique / Festivals

Soirée captivante, malgré la disparité des candidats. Premier prix à Kamil Ben Hsaïn Lachiri.

Lancée en automne dernier à l’initiative de Honda Benelux, la première édition de la Honda Competition a connu dimanche soir son aboutissement. C’était en effet la finale de ce concours peu banal, destiné aux meilleurs étudiants – tous instruments confondus - de l’ensemble des conservatoires du pays et porté conjointement par les conservatoires néerlandophone et francophone, de Bruxelles (deux institutions, une même salle, la plus délabrée du pays…). Le jury était présidé par le pianiste André De Groote.

Des trois candidats en lice, on entendit d’abord le baryton Kamil Ben Hsaïn Lachiri, 23 ans, issu de l’IMEP (Namur), formé au piano avant le chant, diplômé de l’Université de Genève en économie et en finance (on ne sait jamais) et se produisant déjà sur les scènes de l’ORW, de la Monnaie et à l’étranger. Si le manque d’appui, l’absence de legato et la tendance à tout surjouer révèlent un art encore très vert, la voix est belle, le timbre riche et les aigus brillants ; sans compter un charisme évident, galvanisé, l’autre soir, par un groupe de fans enthousiastes. Il obtint le premier prix.

« Une âme qui se fait entendre »

A l’autre bout de la galaxie, le guitariste Maarten Vandenbemden, né en 1996, formé par son père Roland avant d’entrer dans la classe d’Antigoni Goni au Conservatoire de Bruxelles (NL) se révéla un musicien miraculeusement accompli. Allures de frêle ado mais souverain dans son jeu, doué d’un sens rhétorique exceptionnel, pratiquant des phrasés libres et naturels, il rendit tout ce qu’il toucha lisible, lumineux et captivant. Sa troisième place ne rendit pas justice à des qualités aussi précieuses.

La troisième candidate de cette finale contrastée fut la soprano Kelly Poukens, née en 1992, élève de Dina Grossberger à la Luca School of Arts, en perfectionnement chez Jard Van Nes (la papesse !), et comptant déjà plusieurs prix internationaux. Peter Jeurissen était au piano. « Une âme qui se fait entendre », a dit d’elle le baryton Robert Holl, on ne peut mieux dire. La voix est rare – et on peut comprendre qu’elle ne plaise pas à tout le monde – mais d’un grain et d’une lumière qui interpellent. Technique suspendue, aigus célestes et incarnés à la fois, sens du texte, feu intérieur. On l’aurait bien vue première, elle fut deuxième.

Prochaine édition à partir de décembre 2017.

A retrouver en podcast sur www.musiq3.be.