Iggy Pop, 65 ans mais pas encore vieux

Pascal De Gendt Publié le - Mis à jour le

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Musique / Festivals

Dimanche soir, pour la dernière fois de cette édition 2012, le Brussels Summer Festival investissait la place des Palais. Et, dès le début du concert des Stranglers, soit 19 h 30, il était clair que le succès de foule serait au rendez-vous. Grâce au soleil évidemment mais aussi à une programmation jouant sur la carte toujours gagnante de la nostalgie. Pour ce deuxième concert de la soirée - l’ouverture ayant été sauvagement assurée par The Experimental Tropic Blues Band -, de nombreux quadras et quinquas tout vêtus de noir sont au rendez-vous d’un de leur groupe culte. Alors, bien sûr, on peut se poser la question de savoir si les Stranglers sans Hugh Cornwell sont encore les Stranglers, vu le rôle que jouait l’étrange alchimie entre le chanteur guitariste et le bassiste Jean-Jacques Burnel. On se contentera de constater que le remplaçant, Baz Warne, qui a rejoint le groupe en 2000, a bien trouvé sa place et assure son rôle sans difficultés.

Durant une heure, les Anglais déroulent et, vu les mines autour de nous, font plaisir à leurs fans. Il manque bien cette aura de danger qui faisait le charme des Stranglers à leur belle époque mais on n’en est plus là. On regrettera juste une set-list sans grande prise de risque et articulée autour des succès les plus "grand public" tels "Always the Sun", "Golden Brown", "No More Heroes", "Peaches" ou leur reprise de "All Day and All of the Night". Un bon apéritif donc, en attendant le plat de résistance fourni par Iggy et ses Stooges. Dans ce menu spécial "rock de vieux", l’entrée servie par Catherine Ringer pouvait sembler, de prime abord, incongrue. Durant tout le début du concert, on a ainsi l’impression d’avoir été télétransporté à Spa durant les Francos. En fait, les personnes présentes n’ont l’air que d’attendre une chose et Catherine Ringer le sait aussi : elle ne tarde donc pas trop à offrir quelques morceaux des Rita Mitsouko. Et là, tout de suite, le son devient plus funky et l’ombre de Fred Chichin plane au-dessus du guitariste, son fils Raoul. "Andy", "Le Petit Train", et "C’est comme ça", en rappel, forment les points d’orgue d’un concert qui vient nous rappeler que décidément la Ringer, qu’on apprécie ou pas ce qu’elle chante, reste une grande dame de la chanson.

Après la grand dame vient, enfin, le temps du grand monsieur. Et on ne parle pas de taille. Différentes générations sont enfin rassemblée pour voir cette légende d’Iggy. Qui rentre tout de suite dans le vif du sujet. A peine sur scène, ils balancent "Raw Power" et c’est le bordel dans les premiers rangs. Prenez ça dans les dents, semble exprimer le visage de boxeur du bassiste Mike Watt. C’est sec et ça claque, le public est aux anges. Iggy est excellent dans ses deux rôles : celui de chanteur et celui de vieux punk.

Dès le quatrième morceau, il invite le public à le rejoindre sur scène avec force "fuck the police" et "fuck the security". Puéril, peut-être, mais jouissif. Tout comme ces aboiements à deux centimètres du visage d’un policier impassible pendant "I Wanna Be Your Dog". "1970", "Fun House", "No Fun", "Your Pretty Face Is Going to Hell" : les classiques sont de la partie sans oublier "The Passenger", incursion dans le répertoire solo d’un Iguane qui descend régulièrement de scène pour chercher le contact avec le public, s’asperge de bouteille d’eau et ne s’épargne pas durant une seule seconde. Une vraie leçon de rock’n’roll dont devraient s’inspirer beaucoup de groupes bien plus jeunes.

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