Musique / Festivals

Les 50.000 fans présents pour cette dernière journée du Graspop Metal Meeting Festival n'oublieront pas de sitôt cette 23e édition.

Avant d'assister aux adieux d'Ozzy Osbourne, Judas Priest a éclaboussé le Graspop de sa classe. Le groupe britannique a délivré un set de toute beauté avec un Rob Halford au sommet de sa forme. Certes, le chanteur de Judas Priest n'a pas soigné sa prestation scénique se contentant d'arpenter la scène de long en large. Mais l'homme a mouillé le maillot concentrant ses efforts sur sa prestation vocale. Très concentré sur son sujet, Rob Halford a tenu la dragée haute à tous ses contemporains en interprétant un "Sinner" hallucinant de puissance et d'efficacité. Que dire aussi de l'interprétation de "Lightning Strike". Du grand art, on vous dit.
Et quand "Turbo Lover" s'est emparé du public, le tourbillon Judas Priest a fait son oeuvre. L'intensité est encore montée d'un cran avec "Freewheel Burning" ou "Painkiller". Et l'émotion a été particulièrement vive lorsque Glenn Tipton, l'ancien guitariste de Judas Priest, victime de la maladie de Parkinson, a fait irruption sur scène, emmené par Rob Halford, pour jouer "Metal Gods", "Breakin' The Law" et "Living After Midnight" avec ses anciens comparses...
Juste auparavant, les Hollywood Vampires ont réalisé un show de reprises sur l'autre scène principale. Pour ceux qui l'ignorent encore, Hollywood Vampires est un "supergroupe" composé d'Alice Cooper, du guitariste Joe Perry (Aerosmith) et de Johnny Depp. Bien connu pour son interprétation de Jack Sparrow dans le Pirate des Caraïbes, Johnny Depp l'est beaucoup moins pour ses talents de musicien. Et pourtant, l'artiste se débrouille plutôt bien avec sa guitare. Jamais il n'aura cherché à attirer la lumière sur sa personne, se fondant dans le collectif de son cover band malgré les nombreux appels au mariage lancées par les centaines de filles qui n'avaient d'yeux que pour lui. Le groupe ne s'est pourtant contenté que de jammer sur quelques reprises ...d'Alice Cooper (Im Eighteen, School's Out), d'Aerosmith (Sweet Emotion) ou des Who... Johnny Depp s'est même offert le luxe de pousser la chansonnette à deux reprises pour reprendre notamment Heroes de David Bowie. Un moment plus récréatif que créatif somme toute...

C'est Vandenberg's Moonkings qui avait ouvert les festivités dimanche avec un show qui fleurait bon le son des eighties. Le groupe de l'ancien guitariste néerlandais de Whitesnake, Adrian Vandenberg, a démontré une réelle maestra sur la scène principale en interprétant son propre répertoire mais aussi quelques reprises du "Serpent Blanc" comme "Here I Go Again"...

Pro-Pain a ouvert le bal du hardcore avec beaucoup de puissance et d'énergie. Issu de la première génération des groupes du genre au début des années 90, le groupe américain a démontré qu'il n'avait rien perdu de sa rebellion.

Les Allemands d'Eisbrecher ont ensuite pilonné la scène du Graspop avec leur techno-metal futuriste. Les Allemands qui chantent dans leur langue natale ont fait trembler la plaine de Dessel en assommant l'auditoire de décibels tel un marteau-piqueur...

Après Dirk Verbeuren derrière les fûts de Megadeth, c'est le bassiste Christian Olde Wolbers qui s'est illustré avec Powerflo. Le musicien anversois qui a milité auparavant dans Fear Factory, Beowulf ou encore Asphyxia ne s'en est pas trop mal tiré d'affaire même si sa formation a éprouvé certaines difficultés à faire réellement monter la sauce.

C'est, en effet Ice-T et son Body Count qui ont commencé à réellement enflammer la plaine de Dessel. Après une reprise de Raining Blood de Slayer, Body Count a aligné ses derniers titres (Manslaugher) avec les classiques (Voodoo, Body Count) qui ont fait sa renommée au début des années 90. Accompagné de son fils sur scène, le rappeur métalleux a joué la carte de la provocation en haranguant la foule à se mouvoir dans le "pit". Le service de sécurité a d'ailleurs été rapidement dépassé par le crowd surfing qui n'a cessé d'affluer de chaque côté. Et cela ne s'est d'ailleurs pas arrangé lorsque Ice-T, qui joue pourtant le rôle d'Odafin Tutuola dans la série policière New York unité spéciale, a entonné "Cop Killer", ce titre qui avait été censuré naguère à la suite d'une action judiciaire entamée par les syndicats de police aux Etats-Unis.

L'ambiance était à son paroxysme quand Fred Durst de Limp Bizkit est monté sur scène. Mais, finalement, les Américains se sont aussi distingués par les reprises des premiers riffs de Walk (Pantera) en hommage à Vinnie Paul, et de Killing In The Name Of (Rage Against The Machine)...


Ozzy Osbourne a soigné ses adieux au Graspop

Ozzy Osbourne a décidé de ranger son micro. Sa tournée d'adieux s'est arrêtée, dimanche, par Dessel. Le Madman, qui a interdit toute prise de photos pendant son concert, a délivré un show qui a répondu aux attentes. Accompagné par un Zakk Wylde des grands soirs, le Prince des Ténèbres sur un répertoire qui a traversé toute sa discographie tant en solo qu'avec Black Sabbath dont il fut le premier chanteur.

Après "Bark At The Moon" en guise d'amuse-gueule, Ozzy Osbourne a servi un "Mr Crowley" toujours aussi populaire. Appuyé par un light show efficace, le Madman s'est contenté de sautiller en tenant son pied de micro pour enchaîner ensuite "I Don't Know" puis "Fairies Wear Boots" (Black Sabbath).Ozzy Osbourne a aussi repris l'inévitable "War Pigs" de Black Sabbath pour une version longue de plus de dix minutes au cours desquels Zakk Wylde n'a pas hésité à se mêler à la foule pour y signer un solo de guitare d'anthologie.

Entre-temps, Ozzy Osbourne est parvenu à placer "Suicide Solution", "No More Tears" ou autre "Road To Nowhere.

Et l'homme a ponctué son show en puissance avec les incontournables "Crazy Train" et "Paranoid"...

Quoiqu'il advienne, Ozzy Osbourne laissera une trace indélibile dans l'univers du metal. Et plus particulièrement au public du Graspop qui lui a réservé l'ovation qu'il mérite tant...