Musique / Festivals Il y a quelques jours, le rappeur californien publiait "DAMN", son cinglant 4e album studio. Un retour à une forme plus frontale mais toujours sur un fond engagé. Analyse d’un succès mérité. Un dossier réalisé par Nicolas Capart.


Le hip hop est le genre-roi des temps musicaux présents. Celui où des pages s’écrivent encore chaque jour, sans ressasser et d’un pas décidé. Celui dont l’hémisphère underground grouille au moins autant qu’une face mainstream dont les protagonistes trustent les hit-parades de ventes du monde entier, depuis une dizaine d’années.

Avec ce qui s’apparente à son quatrième album studio, Kendrick Lamar est plus que jamais assis sur le toit du rap, ce qui par syllogisme le place sur le toit du monde (culturel). Un homme qui devient donc des plus importants, comme vous le confirmeront sans doute vos adolescents. Mais, pas d’inquiétude pour le coup, l’Américain déverse son tempérament bouillant dans un rap conscient.

Moins politique, plus frontal

S’il n’a pas encore 30 ans, Kendrick a déjà connu plusieurs phases musicales. De prémices qui sentaient le bitume (sa dernière mixtape "Overly Dedicated" et son premier LP "Section.80"), au début de succès populaire du déjà plus léché "Good Kid, M.A.A.D City". De la consécration d’un "To Pimp a Butterfly" ultra engagé tissé de G-funk et de jazz improvisé, au cinglant EP "untitled unmastered" rebelle et non titré…

Devenu dernier espoir, et non des moindres, des ultimes soldats d’un rap conscientisé, Lamar poursuit dans cette lignée avec "DAMN", frontal, pointu, tranchant, moins porté sur le politique mais toujours des plus énervés. On y retrouve néanmoins ces narrations à l’amertume gracieuse, cette verve habitée, cette poésie de la misère sociale, cette dénonciation du racisme, cette manière caractéristique de dénoncer la violence avec véhémence et, discrètement cette fois, encore l’un ou l’autre clin d’œil au beurre noir adressé à l’oncle Donald (Trump).