Musique / Festivals La Ville de Bruxelles ne cache pas son intérêt pour doper son offre touristique.

C’est l’événement du moment à Londres. Depuis le 13 mai, l’exposition Pink Floyd proposée par le Victoria&Albert Museum attire une grande foule. Et pour cause, c’est la première du genre à être consacrée au légendaire groupe britannique après celles dédiées à David Bowie et aux Rolling Stones.

L’événement est de qualité et a tapé dans l’œil de la Ville de Bruxelles qui se verrait bien l’accueillir dans le futur. "Graphiquement, elle est très intéressante et elle est moins chère que celle consacrée à David Bowie qui était impayable et qui est partie à Paris", confie Philippe Close, l’échevin du Tourisme de la ville et ex-président de Brussels Major Events, par ailleurs grand fan de rock. "Elle fait partie des prospects mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant parce que rien n’est fait. Il faut trouver un lieu particulier car l’exposition nécessite beaucoup de hauteur, douze mètres de haut pour certains décors. Il faut aussi voir si la marque Pink Floyd est suffisamment forte en Belgique. On sait que c’est un groupe mythique en Angleterre mais qu’en est-il chez nous ? De plus, cette expo n’est pas aussi intergénérationnelle que d’autres que nous avons accueillies."

Depuis plus de 10 ans , la Ville de Bruxelles travaille à multiplier ses atouts. "On était une ville d’affaires et on veut aussi devenir une ville de loisirs, explique Philippe Close. On sait que les retombées économiques sont très importantes, notamment en termes d’emploi. Il y en a 35.000 qui dépendent du secteur du tourisme. Et pour ça, il faut des grosses ambitions. On a une équipe qui scrute en permanence les différentes expos qui tournent dans le monde pour repérer celles qui peuvent donner envie de venir à Bruxelles." Mais cette stratégie n’est pas sans risque reconnaît l’échevin du Tourisme de la ville de Bruxelles. "On étudie la faisabilité financière parce que ce sont des expos qui coûtent très cher. Et comme on travaille sans subsides, il faut trouver une rentabilité. Pour l’instant, toutes celles qu’on a accueillies ont fonctionné et nous ont permis de rentrer dans nos frais. Mais les risques sont importants, c’est vrai. Il faut être certain de dépasser les 100.000 visiteurs, ce qui n’est pas rien !" Ça a pourtant été le cas avec les expositions comme Titanic, Toutânkhamon ou dernièrement Harry Potter qui a enregistré plus de 350.000 visiteurs.

En attendant, les discussions sont en cours avec les organisateurs de Pink Floyd, Their Mortal Remains, dans la plus grande discrétion.

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Pink Floyd comme vous l’avez jamais vu

À Londres, le groupe fait l’objet d’une superbe exposition.

Vu l’affluence au Victoria & Albert Museum de Londres, l’exposition Pink Floyd, Their Mortal Remains est bien partie pour battre celle consacrée à Bowie en 2013 et ses 312.000 visiteurs. C’est casque sur les oreilles, bercé par les titres du groupe, que se visite l’événement. D’emblée le décor est posé : place au gigantisme avec une reproduction énorme du premier van du groupe en guise d’entrée. Les décors de plusieurs albums sont reproduits, les plus impressionnants étant ceux d’Animals (1977) et The Wall (1979) avec la centrale électrique, le cochon volant, le mur, etc. Le parcours chronologique explique les racines blues trop souvent oubliées de Pink Floyd, leur apport dans les arts graphiques et les innovations scéniques qui les ont conduits à transformer les concerts en véritables spectacles son et lumière ! Parmi les instruments exposés figure la célèbre guitare Fender noire utilisée par David Gilmour sur les titres les plus emblématiques du groupe. On peut aussi s’amuser à remixer le titre Money grâce à des tables de mixage.

L’exposition n’oublie pas d’évoquer Syd Barrett, membre fondateur de Pink Floyd évincé après s’être grillé le cerveau au LSD, mais elle ne revient pas sur les différends qui ont opposé Roger Waters et le reste du groupe depuis 1985. C’est là son seul point faible. Elle s’achève par l’écoute d’un titre en quadriphonie et sur un écran à 360°, une immersion exceptionnelle !

---> Jusqu’au 1er octobre. Au Victoria&Albert Museum à Londres.


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Roger Waters n’a pas sa langue en poche

Pour son 4e album solo, le premier depuis 25 ans, l’ex-Pink Floyd frappe là où ça fait mal

Ses fans ont fait preuve d’une incalculable patience et les voici enfin récompensés. Après 25 ans d’attente et 5 ans après sa tournée The Wall Live, une des plus rentables de 2012 !, Roger Waters sera de retour vendredi avec un nouvel album sous le bras. Is This the Life We Want ? est le 4e album solo studio de l’ex-bassiste de Pink Floyd. Au menu, 12 titres produits par Nigel Godrich (Radiohead, Paul McCartney) qui dévoilent un artiste qui à 73 ans est toujours au sommet de son art.

Avec ce disque, on replonge avec joie dans les ambiances de Pink Floyd version Animals (1977) et The Wall (1979), et dans celle de Amused To Death sorti sous son nom en 1992. La guitare acoustique et le piano se taillent la part du lion sur ce disque où la guitare électrique se fait des plus discrètes. Ne cherchez pas de solos à la David Gilmour, il n’y en a presque pas !

En revanche, Roger Waters se montre politiquement plus engagé que jamais, littéralement en résistance. La vieillesse, l’économie, la religion, les militaires, la liberté, l’écologie, Donald Trump… tout y passe. Même sa génération qu’il accuse d’avoir choisi le rêve américain au détriment des idéaux. Un album dense et direct qui appuie là où ça fait mal, ce que l’ex-bassiste de Pink Floyd sait faire de mieux…

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Roger Waters s’est lancé dans une tournée marathon qui doit s’étendre sur les 3 années à venir. Baptisée Us and Them, du titre d’un morceau de leur mythique album The Dark Side of the Moon, celle-ci a débuté le 26 mai aux États-Unis. Un show inédit en deux parties pour 2 heures 30 de concert. La première fait office de best of avec beaucoup de place laissée aux tubes de Pink Floyd. La seconde est nettement plus engagée. Waters n’y va pas par quatre chemins à coup de "Fuck Trump". Pour le moment, seules les dates nord-américaines de la tournée ont été dévoilées. Pour l’Europe - et peut-être la Belgique ? -, il faudra se montrer patient.