L'insouciance retrouvée au Pukkelpop

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals C'est avec un plaisir non-feint que nous refoulons ce jeudi la plaine de Kiewit et de son festival de scouts devenue grand messe rock (ce sont en effet les jeunesses humanistes de Leopoldsburg – ou Humanistische Jongeren van Leopoldsburg en néerlandais dans le texte – qui lançaient l'événement en 1985). Une année ou presque s'est écoulée depuis le drame de l'édition 2011 ayant coûté la vie à cinq festivaliers suite aux violentes intempéries qui s'étaient à l'époque abattues sur la région d'Hasselt et de ses environs. Un souvenir encore frais. Mais le vent semble avoir tourné. Si l’enquête officielle a finalement conclu aux conditions météo exceptionnelles, les voix polémiques ne s'en sont pas pour autant éteintes. Mais en dépit des bourrasques contraires, le Pukkelpop est parvenu à vaincre le signe indien et se dresse aujourd'hui face à nous animé d'une énergie nouvelle. Fort et fier de s'être relevé. Une chance car l'enjeu est énorme, au-delà de la menue monnaie, ne serait-ce que pour la symbolique. Chokri Mahassine, organisateur du Pukkel, en est bien conscient, comme en témoignent ses propos du jour à la presse: "Tous les regards seront tournés vers nous pendant ces trois prochains jours et chaque détail lié à l'organisation sera scruté". Au vu du remue-ménage médiatique, on ne peut que lui donner raison.

Quoi de neuf alors? Un site réaménagé dans lequel l'habitué doit encore trouver ses marques, un chouilla déstabilisé. Des passages plus larges d'abord, aux allures d'autoroutes à quatre bandes noires de monde, qui facilitent les déplacements et permettent à l'endroit de respirer. Un peu de jardinage ensuite... Les rangées de vieux arbres, habituellement dressés à l'horizon de toute carte postale du Pukkelpop qui se respecte, ont été abattues de manière préventive et une simple allée de platanes, encore modestes de taille, a donc récemment été replantée. Des chapiteaux davantage colorés aussi, et des issues de secours plus visibles que jamais jalonnent le parc du festival qui jouxte la désormais célèbre Kempische Steenweg.

Côté sécurité, l'ambiance s'est un peu relâchée. Pour un mieux... Si des membres des équipes de sécurité sillonnent aujourd'hui le site – sans doute dans le but de rassurer – , les légendaires fouilles corporelles façon KGB de l'entrée (jadis une marque de fabrique ici, voire un cheval de bataille) n'ont plus cours et les gardiens des portes du temple semblent s'être déstressés. Tous arborent fièrement sur leurs badges le slogan de cette 27ème édition: "So Good To See You" ("Cela fait du bien de vous voir", NdlR.). Et, en guise de réponse, une légion de sourires festivaliers. Partout, c'est l'insouciance retrouvée.

Au rayon « nouveautés », notons également des réseaux téléphoniques renforcés. Un réseau wi-fi gratuit a été installé. La catastrophe de l'édition passée avait, entre-autres, provoqué une rupture prolongée des réseaux de communication qui avait, elle-même, aiguisé la panique ambiante et, après coup, fait couler beaucoup d'encre. Cela ne se produira plus, les responsables s'en sont assurés. Autre point où le bât blessait, les messages sur grand écran des organisateurs aux milliers de mélomanes présents sont multilingues cette année. Enfin, des bulletins météorologiques seront diffusés à intervalles réguliers durant tout le festival. Pour prévenir plutôt que guérir. Mais, après la petite peur due aux orages annoncés mercredi soir, les astres semblent assez clément et le soleil, s'il chauffe, ne se veut pas trop brûlant.

Outre la commémoration en ces lieux du dimanche 5 août dernier, côté affiche, on a voulu en outre marquer le coup par quelques clins d'yeux, comme le retour samedi des Foo Fighters (qui n'avaient pu se produire ici l'an dernier, NdlR.) ou la présence au menu du jour de la formation limbourgeoise Clouds On Elekricity, dont faisait partie Mario Ghys, l'une des victimes de la tempête l'an dernier. Enfin, une minute de silence sera observée samedi sur tous les podiums à 18h10 précise, heure à laquelle la tornade avait tout balayé.

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